Qui c’est celles-là

Parrotfish

Je suis écologue de formation et je travaille sur l’adaptation des animaux à leur environnement. Je suis une mordue de bestioles et de naturalisme, et je ne me lasse jamais de découvrir les multiples bizarreries de la vie apparues au cours de l’évolution. J’ai commencé à m’intéresser au féminisme au début de ma thèse, lorsque des amies en postdoc se demandaient si elles devaient continuer dans la recherche ou faire un gamin. Quand mon chef m’a dit, « Oui c’est normal, évolutivement parlant, les femelles sont sélectionnées pour prendre moins de risques que les mâles », je me suis dit: « Merde. Être femme et scientifique, ça a pas l’air d‘être de la tarte. Surtout si on commence à tout mettre sur le dos de Darwin. Dans quoi je me suis embarquée? » 5 ans après, je me pose toujours la  même question. Mais heureusement, j’ai découvert que j’étais loin d’être la seule…


Yvonne

Ethnologue (et biologiste), je m’intéresse aux relations sociales autour de la gestion de la nature. Féministe ? Depuis la maternelle. Mes cheveux se sont dressés sur ma tête à la première récré, quand les garçons ont pris toute la place pour jouer au foot et que les filles se sont assises bien sagement sur les bancs. Depuis j’ai des épis régulièrement. Quand poussant les portes de mon premier laboratoire j’ai découvert que d’une manière générale les femmes avaient de moins bons postes que les hommes, parlaient moins en réunion, étaient souvent complexées, et ne se rendaient pas toujours compte du rôle que les relations entre hommes et femmes jouaient dans tout ça, imaginant que la recherche scientifique était un monde peuplé de purs esprits noblement asexués, j’ai renoncé à tout jamais à me coiffer et je me suis lancée à l’assaut de la cour de récré.

Substance P

Je ne me souviens pas vraiment de la période à laquelle j’ai commencé à devenir féministe. Sûrement parce que ça s’est fait graduellement, avec une bonne base d’allergie à l’autorité. Et aussi parce que j’ai mauvaise mémoire. D’ailleurs la mémoire, c’est mon sujet d’étude : j’ai le glorieux non-statut de ‘post-doc’  en Neuroscience, c’est-à-dire une sorte de CDD en attendant d’avoir un vrai travail (attention second degré : en vrai on bosse comme des oufs, et nos carrières débutent en thèse). Mon labo de post-doc, aux Etats-Unis, est bien loin d’être un modèle de parité… Résultat : mes symptômes féministes s’aggravent, je compte les femmes sur tous les programmes de conférences, j’ai des éruptions cutanées à chaque remarque sexiste, et je m’en veux de ne pas plus prendre la parole en réunion de labo. Toujours entre révolte et auto-questionnement, je ne sais pas si ma vie est plus tranquille, mais elle est plus intéressante. Enfin, c’est ce que je me dis.
 

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