Pour une carrière boostée, optez pour les nénés !

La fast science se doit d’être sexy ! Heureusement certains s’y emploient, et au sens propre…Mais le résultat est plutôt crasseux. Les filles mignonnes et peu vêtues, ça fait vendre, la publicité le sait et s’en sert depuis des lustres. Les chercheurs, qui se doivent eux aussi d’apprendre à vendre leur cul QI au plus offrant, l’ont bien compris, qu’il fallait être sexy, et notamment dans les domaines ultra compétitifs comme la biologie moléculaire.

Or donc, des chercheurs étudiant le protéome du lait de coco n’ont rien trouvé de mieux à faire que d’illustrer leur article, publié en 2012 dans un journal scientifique de renom (Journal of Proteomics) par la photo d’une donzelle, tout en faux ongles et blondeur californienne, armée de deux grosses noix (de coco) plantées de pailles. Ainsi, deux pina colada bien généreuses placées devant ses seins qu’on ne peut donc qu’imaginer, elle sourit.

Explicit graphical abstract

La voici en image…Efficace, non ? Leur hommage, en conclusion de l’article, à « Coconut woman », un morceau de l’artiste noir américain Harry Belafonte ne change rien à l’affaire. (Bien essayé mais hors sujet, puisque cette chanson parle des femmes qui vendaient des noix de coco dans les caraïbes des années cinquante, et on imagine bien qu’elles avaient une autre allure). La photo a été retirée il y a quelques jours du site de l’éditeur, suite à un buzz (voir ici) et des réactions dans la twittobloggosphère ces jours derniers (l’histoire plus en détail ici, et ) . Une autre photo a aussi été retirée, qui illustrait un article sur le protéome du miel par deux nanas sur fond nid d’abeille… Il semblerait que le chercheur incriminé adore les graphical abstracts, il part dans tous les sens, et les photos kitch de femmes sexy n’y sont pas omniprésentes. Ça n’empêche…que ça reste d’assez mauvais goût (…contrairement à la pina colada, me direz vous).



Comment conclure ? Allez changeons de camp pour voir. Tout ça me donne une idée. Ce type d’illustration pourrait devenir un motif récurrent voire même obligatoire dans les journaux qui comptent. Ceux dans lesquels il faut publier pour être visible, cité, coché, téléchargé, pour charger son h factor, son potentiel d’embauche, sa compétitivité personnelle sur le marché mondial de l’emploi scientifique ! Alors pour parler d’oiseaux, on mettra une danseuse de cabaret habillée d’une seule plume d’autruche,  pour les poissons des sirènes dénudées, ou alors des morues un peu grasses…pour la nouvelle molécule anti-cancer, des infirmières en petite culotte,  pour une analyse du conflit en Ukraine, Xena la guerrière en cuir…Et sur le fronton des facultés on pourra lire  : Vous voulez une chaire ? On veut voir de la chair ! Bon. Puisque c’est comme ça je me remets à mon plan de thèse. Je vois déjà d’ici plantée sur la couverture, une jeune femme nue dans un tas de feuilles.

Y. 

ps  : un des éditeurs a répondu à une demande de rétraction qu’il ne trouvait pas ces images sexistes, et qu’un homme aurait aussi bien pu être représenté. Mais c’est difficile d’être d’accord avec lui. En effet à titre exemple, quand on tape le mot « sexy » dans notre moteur de recherche préféré, on tombe sur une immense majorité de filles sans rien à se mettre, dont un certain nombre allongées ou à quatre pattes. Il y a donc encore des progrès à faire vers l’égalité. Heureusement on tombe aussi sur…Ryan Gosling torse nu. Donc tout n’est pas perdu.

5 réflexions au sujet de « Pour une carrière boostée, optez pour les nénés ! »

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