Post invité : La Diabolisation des Larmes, par Mar

Y’at-il une base à la diabolisation des larmes?
(Traduit de l’anglais par S.P. Voir plus bas pour le texte original.)

Je suis définitivement une « pleureuse ». Je pense que j’ai du regarder « La ligne verte » plus de 10 fois, et pourtant à chaque fois que je vois John Coffey marcher vers la chaise électrique je me mets à gémir et sangloter comme un bébé affamé. C’est apparemment un trait des personnalités « hautement sensibles ». Même quand je sais qu’il s’agit de fiction, et que je sais à l’avance exactement ce qui va se passer, j’éprouve de la véritable empathie au point de souffrir réellement.
Je suis aussi une femme poursuivant une thèse en Neuroscience, ce qui, je suppose, fait de moi une scientifique. Et je suis prête à parier que la plupart (sinon toutes) les femmes scientifiques ont fait l’expérience au moins une fois dans leur carrière d’avoir les larmes qui montent aux yeux et la voix qui flanche en discutant d’un problème avec un-e encadrant-e, un-e chef-fe ou un-e collègue. Après que cela me soit arrivé plusieurs fois, aggravé par le fait qu’on m’a récemment diagnostiqué une dépression clinique, quelqu’un m’a dit que pleurer était agressif. Bien sûr je ne pense pas que ça soit le cas, mais cela m’a motivé, en tant que femme scientifique, à essayer de répondre a cette question : pleurer est-il inapproprié? Et si c’est considéré comme tel, est-ce pour une bonne raison, ou est-ce seulement une construction sociale arbitraire?

Les femmes adultes sont environ 5 fois plus sujettes aux larmes que les hommes adultes (Fooladi, 2005). C’est dû en partie à l’éducation dans nos sociétés, les petits garçons se voyant intimer d’ « être un dur », « un homme » et de ne pas « pleurer comme une fillette ». Mais l’on sait aussi qu’il existe des facteurs physiologiques à l’origine de la différence entre les sexes pour ce qui est des larmes. Les femmes ont un taux plus élevé de prolactine, une hormone communément associée avec la production de lait, mais dont on a montré qu’elle était aussi liée a la production de larmes (Mathers WD, 1998). De plus, la testostérone inhibe la production de larmes (Sullivan DA, 1986), faisant du fait de pleurer « un truc de fille ». D’autres indices, bien qu’anecdotiques, viennent des personnes transgenre, qui ont témoigné s’être retrouvé incapable de pleurer après le traitement hormonal à la testostérone dans le cas des transgenres femme->homme (Barrès 2006) ainsi que l’opposé, c.a.d une propension plus élevée a pleurer après une thérapie hormonale homme->femme (Juliet Jacques, 2011).

La femme qui pleure/The weeping woman – Pablo Picasso

D’une manière générale, les hommes éprouvent plus de gêne que les femmes lorsqu’ils sont exposés aux pleurs. Bien sûr l’empathie (étant donné que les femmes sont plus enclines à pleurer) constitue une raison important pour cela. Mais ça n’est pas toute l’histoire : il a été montré, par des mesures physiologiques ainsi que d’auto-évaluation, que les larmes d’émotion humaines servent de signal chimique inodore, diminuant les niveaux de testostérone et l’excitation sexuelle chez l’homme (Gelstein S, 2011). Étant donné que l’on pense que l’agressivité est liée à de forts niveaux de testostérone (Batrinos 2012), la vue d’une personne qui pleure pourrait faire que les hommes se sentent moins en colère, et peut-être par conséquent plus vulnérables et mal-à-l’aise.

J’ai été élevée à ne pas avoir honte de pleurer, et je n’ai donc jamais appris les mécanismes pour retenir ses larmes. Les larmes sont une réponse naturelle de mon corps aux situation de forte émotion : sentiments d’empathie, tristesse, anxiété, stress, frustration, et même joie extrême, fierté ou amour. J’ai appris seulement récemment qu’aux États-Unis (et peut-être dans d’autres pays?), les larmes sont considérées comme une marque de faiblesse, peu professionnelles, perturbantes et indésirables. J’ai même entendu que pleurer était agressif, au même titre que crier. Je n’ai trouvé aucune preuve de cela dans la littérature, au contraire, dans un contexte évolutionniste il a été proposé que les larmes servent a diminuer l’agressivité chez la personne qui pleure en brouillant la vision, ainsi que chez les autres individus en signalant la soumission, l’apaisement ou le besoin (Hasson 2009). Il doit y avoir des fondement scientifiques au fait que les cris peuvent être utilisés comme preuve d’un comportement violent dans un tribunal, alors qu’il est bien plus difficile d’imaginer un juge acceptant des pleurs de la part de l’agresseur comme une preuve de comportement violent. De même, alors que les cris tendent à provoquer plus de cris en réponse, augmentant le niveau général d’agressivité, pleurer n’augmente en général pas le niveau de stress ou les tendances violentes chez les autres.
L’argument principal que j’ai entendu contre le fait de pleurer est que c’est manipulateur. Bien que j’admette que pleurer peut modifier les réactions ou les émotions de l’interlocuteur (par exemple en réduisant le niveau de testostérone ou en signalant l’apaisement comme décrit plus haut), je n’irai pas jusqu’à décrire le phénomène comme manipulateur (car dans ce cas dire à quelqu’un qu’on l’aime serait considéré comme manipulateur également!), sauf si les pleurs ne sont pas honnêtes. Bien que cela soit théoriquement possible, je doute qu’il y ait beaucoup de gens, mis à part les enfants et les acteurs, prêts a se forcer à pleurer de manière malhonnête pour manipuler d’autres personnes. Ainsi, même j’admets la possible existence des pleurs manipulatifs, je pense que dans la plupart des cas il ne s’agit pas de ça. Dans tous les cas, les changements d’émotions ou de réactions amenés par les pleurs ont pour effet de diminuer le niveau général d’agressivité, ce qui est bénéfique pour trouver une solution ou un compromis.
La grand majorité des professionnels de la psychologie considèrent que pleurer est bénéfique a celui qui pleure (Cornelius 2001), citant des raisons comme -la haute teneur en hormones de stress contenue dans les larmes d’émotion qui suggère qu’elles aident le corps à se libérer des toxines de stress, – le ralentissement du rythme cardiaque et de la respiration, et la diminution de la transpiration lorsque l’on pleure, – les conséquences supposées négatives si l’on se retient de pleurer. Ces indices restent néanmoins flous, et varient énormément en fonction du paradigme de recherche, des conditions environnementales, de l’état affectif et de la personnalité de la personne qui pleure (Rottenberg J, 2008). Cependant, d’un point de vue pratique je pense que l’acceptation des larmes est bénéfique pour la résolution de la situation ou du conflit qui a causé les larmes au départ. Beaucoup de femmes racontent se sentir embarrassées ou pas à la hauteur s’il leur arrive de verser une larme dans des situations considérées comme « inappropriées » (comme le lieu de travail), et affirment qu’elles feraient n’importe quoi pour s’empêcher de pleurer. Pour beaucoup d’entre nous, le seul moyen de se retenir de pleurer est d’arrêter de parler, arrêter d’écouter, respirer profondément et focalise toutes nos ressources pour tenter de relâcher le nœud qui se forme dans nos gorges. Beaucoup d’entre nous ont besoin de s’absenter pour s’isoler, par exemple dans les toilettes, pour pouvoir relâcher l’angoisse et se débarrasser de ce nœud. Quand les pleurs surviennent lors de la discussion d’un problème qui doit être résolu d’une façon ou d’une autre, je ne vois guère cette pause obligatoire comme quelque-chose de positif, mais plutôt comme un obstacle à la résolution du problème lui-même.
En conclusion, il ne semble pas y avoir de bons arguments pour soutenir que les larmes seraient inappropriées, au travail et ailleurs. Il est beaucoup plus commun de voir une femme qu’un homme pleurer, et les hommes semblent être plus affectés par une personne qui pleure. D’après tout cela, il me semble que la diabolisation des larmes est juste une autre règle arbitraire sous-entendue, forgée par les hommes dans un milieu traditionnellement masculin, peut-être pour réprimander les femmes, les faire se sentir faibles et inadaptées à cause d’une réaction physiologique qui ne menace ni ne lèse personne. Alors que certains comportements, par exemple n’importe quelle sorte de menace physique ou psychologique, ne devraient en aucun cas être tolérés sur le lieu de travail (et probablement dans aucune forme d’interaction sociale), je pense qu’il n’y a aucune base pour inclure le fait de pleurer parmi ceux-ci.
Mar.

Demonization of crying, is there any basis to it?
I am definitely a crier. I think I’ve watched “The Green Mile” over ten times, yet every single time I see John Coffey walk to the electric chair I sob and wail like a starving baby. Apparently it’s an attribute of the “highly sensitive” personality trait. Even when I know it is fiction, and I know in advance exactly what will happen next, I empathize to the point of suffering for real.
I am also a woman pursuing a PhD in Neuroscience, which I guess makes me a scientist. And I’m willing to bet that most (if not all) female scientists have experienced at least one episode in their careers where tears swelled up in their eyes and their voice broke while discussing some issue with an adviser, a boss or a colleague. Once it happened to me several times, augmented by the fact that I had recently been diagnosed with clinical depression, I was told that crying is aggressive. Of course I don’t believe that, but that motivated me to, as a female scientist, try to answer the question: is crying inappropriate? If considered so, is it for a good reason, or is it just an arbitrary social construct?Adult women are about 5 times more likely to cry than adult men (Fooladi, 2005). This is due in part to social upbringing, boys are told from the youngest ages to “suck it up”, “be a man” and not “cry like a girl”. But physiological factors have also been shown to cause a gender bias in regards to crying. Women have higher levels of prolactin, a hormone commonly associated with female milk production, that has also been linked to tear production (Mathers WD, 1998). In addition, testosterone inhibits tear production (Sullivan DA, 1986), making shedding tears very much a “girl thing”. Further evidence, although anecdotal, comes from transgender people, who report being unable to cry after testosterone hormonal treatment in the case of female-to-male transgender (Barres, 2006) and the opposite, i.e. crying more easily, after male-to-female hormone replacement therapy (Juliet Jacques, 2011).In general, men show more discomfort when exposed to tears than women. Of course empathy (given that women are more likely to cry) is a big reason for this. But that’s not the whole story: emotional human tears have been found to serve as an odorless chemosignal, decreasing testosterone levels and sexual arousal in men, both using self-rated and physiological measures (Gelstein S, 2011). Given that aggressive behavior is believed to be determined by high testosterone levels (Batrinos, 2012), the sight of a crying person could make men feel less angry, and perhaps more vulnerable and uncomfortable as a consequence.I was raised to not be ashamed of crying, and as such, I never learned the mechanisms to hold back tears. Tears are my body’s natural response to strong emotional situations: feelings of empathy, sadness, anxiety, stress, frustration, even extreme happiness, pride or love. I only recently learned that in the U.S. (and possibly other countries?) tears are considered to be unprofessional, a sign of weakness, disruptive, and undesirable. I have even heard that crying is aggressive, as much so as yelling. I have found no evidence for this in the literature, on the contrary, in an evolutionary context it has been proposed that tears serve to hinder aggressive actions in the individual crying by blurring vision, and in others, since crying serves to signal submission, appeasement, or need (Hasson, 2009). There must be some science behind the fact that yelling can be used as evidence of violent behavior in a court of law, whereas it’s much more difficult to imagine a judge accepting tears from the aggressor as evidence of violent behavior. Also, whereas yelling tends to fuel more yelling back, increasing the generalized level of aggression, crying generally does not increase stress levels or violent tendencies in others.

Crying Liberty, from the Argentinian cartoonist Maitena Burundarena (This was originally drawn after 9/11/ Ce dessin a initialement été publié après les attaques du 11 septembre 2001.)

The main argument I’ve heard against crying is that it is manipulative. Whereas I agree that crying can change the receiver’s emotions or reactions (for example by reducing testosterone levels or signaling appeasement, as described above), I would be careful to describe that phenomenon as manipulative (because then telling someone you love them would have to be considered manipulative as well!), unless the crying is not honest. Although theoretically possible, I doubt that there are many people out there besides actors or children that would be willing to force themselves to cry dishonestly in order to manipulate other people. So even if I agree that the possibility of crying to manipulate can exist, I think most cases are not like that. In any case, the changes in emotions or reactions brought about by crying still serve to lower the general level of aggression, which is beneficial for arriving to a solution or a compromise.

The great majority of psychology professionals consider crying to be beneficial to the crier (Cornelius, 2001) citing reasons such as the high content of stress hormones contained in emotional tears – suggesting that they help rid the body of stress toxins; release of endorphins following crying; slowing down of heart rate and breathing, and decreasing of sweating while crying; and supposed negative consequences of suppressing tears. However, the supporting evidence is shady, and varies a lot according to the research paradigm, environmental conditions and the affective state and traits of the crier (Rottenberg J., 2008). However, from a practical point of view I believe acceptance of crying to be beneficial for the ultimate goal of resolving the situation that causes the tears in the first place. Many females report feeling embarrassed and inadequate should they ever shed a tear in a situation considered “inappropriate” (such as the workplace), and claim that they would do anything to stop themselves from crying. For many of us, the only way to stop ourselves from crying is to stop talking, stop listening, take deep breaths and focus all of our resources on relaxing the knot that gets formed in our throat. Many of us need to excuse ourselves to a more private place, like the bathroom, to be able to release that anguish and get rid of that knot. When the crying comes over discussing a problem that needs to be solved somehow, I hardly see that mandatory pause as a desirable outcome, but more as disruptive for solving the problem itself.

In conclusion, there don’t seem to be any good arguments to support the inappropriateness of crying, in the workplace and elsewhere. It is much more common too see a woman crying than a man, and men seem to be more affected by someone crying. Putting all of this together, it seems to me that the demonization of crying is just another arbitrary unspoken rule, made by men in a traditionally male field, perhaps to further chastise women, making them feel weak and inadequate for a natural physiological reaction that harms or threatens no-one. While some behaviors, such as any sort of physical or psychological threat to others, should not be tolerated in the workplace (and probably in any form of social interaction), I do not believe that there is any basis to include crying among these.

Mar.


Bibliographie/Bibliography
  • Barres, B. A. (2006). Does gender matter? Nature, 133-136.
  • Batrinos, M. (2012). Testosterone and aggressive behavior in man. Int J Endocrinol Metab., 563-8.
  • Cornelius, R. (2001). Crying and catharsis. In A. V. Cornelius, Adult crying: A biopsychosocial approach (pp. 199-212). Hove: Routledge.
  • Fooladi, M. (2005). The healing effects of crying. Holist Nurs Pract., 248-55.
  • Gelstein S, Y. Y. (2011). Human tears contain a chemosignal. Science, 226-30.
  • Hasson, O. (2009). Emotional Tears as Biological Signals. Evolutionary Psychology, 363-370.
  • Mathers WD, S. D. (1998). Menopause and tear function: the influence of prolactin and sex hormones on human tear production. Cornea, 353-8.
  • Rottenberg J., B. L. (2008). Is Crying Beneficial? Current directions in psychological science, 400-404.
  • Sullivan DA, A. M. (1986). Hormonal modulation of tear volume in the rat. Exp Eye Res., 131-9.

 

Lectures complémentaire/Other reads :

3 réflexions au sujet de « Post invité : La Diabolisation des Larmes, par Mar »

  1. salut Mar, merci pour ton post ! Moi aussi je pleure souvent. Mais à propos de l’interdiction de pleurer au bureau/labo, tu dis « ce n’est pas justifié évolutivement, donc c’est arbitraire », cet argument me met mal à l’aise : s’appuyer sur des arguments évolutifs pour juger des règles de vie en collectivité ne me semble pas pertinent. A moins que je n’ai pas bien compris?

    Hi Mar, thanks for you post ! I also cry often. But you say that « since it’s not justified from an evolutionary point of view, banning tears at work is arbitrary ».Making choices about our social life based on evolutionary statements doesn’t seem right to me. Or maybe I haven’t understood you well ? Y.

  2. Voici un autre point de vue sur les larmes : Pour moi pleurer (lors de conflits) c’est aussi une manière de refuser la confrontation en déclarant forfait : une manière de « gagner en perdant », en mettant ton interlocuteur en position d’agresseur, et toi en position de faiblesse (ou de victime). En t’agressant, il a forcément tort et à partir de là, l’échange ne peut plus se poursuivre. Je suis donc d’accord pour dire, en ce sens là, que les larmes peuvent être ressenties (par celui qui les reçoit) comme une forme de violence, parce qu’elles empêchent le dialogue. c’est la forme négative et passive , symétrique des cris et des insultes, formes de violence actives et positives (sans parler de la violence physique). Pendant une conversation on peut pleurer de manière préventive – parce qu’on craint (de manière complétement inconsciente, en rapport avec notre histoire personnelle) de se faire agresser verbalement, brutaliser, etc.

    Ce que je dis là ne vaut pas pour toutes les situations bien sûr !

    Here is another point of view on tears. For me crying (during a contentious situation) is also a way to avoid a fight : a way to win by losing, putting the person you’re speaking to in an attacking position, and you in a victim position. If he attacks you he must be wrong. The conversation can’t go on. I agree to say that in this particular situation, tears can be received as a form of violence, because they close dialogue. It’s a passive and negative violence that answers to the active and positive violence of yells. We may cry in advance to avoid a fight, because we fear a real verbal or physical attack (in a unconscious way, linked to our personal history).

    This doesn’t apply to all crying situations, of course !

  3. Salut Y! (My response will have to be English only, sorry). Thanks for reading the article and thank you for your comments. Sorry for the delay in my response, I was travelling.

    In response to your first comment, my argument was meant to be mostly social and physiological. I included the evolutionary argument because it was the only one I found in the literature that directly addressed the relationship between crying and aggressiveness. But my conclusion is mainly based on all the other social and physiological arguments contained in the text.

    As to the second comment, I don’t think the word « violence » applies, even in the context you are describing. Closing dialogue is not necessarily a bad thing: for example when agreeing to disagree, or when recognizing that one’s emotional state is not conducive to solving the situation at that particular moment. So I don’t think it’s valid to categorize a behavior as violent based on that premise. Also, it seems you’re assuming that the only possibility after crying is to take the place of a victim, and your interlocutor the victimizer. My argument goes to contend that this is not necessarily the case. I guess mainly because in my text I refer to situations where you can’t stop yourself from crying, not situations in which you cry on purpose to evoke a certain response (which I think are far less common and are addressed in the paragraph about crying being manipulative).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>