Aiiiiieeeessss confiaaaaaaance…

 » Par Osiris et pas Apis…regarde moi..regarde moi bien…tu est maintenant une « fille pleine de talent » !  » Dites-voir les gonzesses, est-ce qu’il faut qu’on se fasse hypnotiser pour arrêter de se sentir nulles tous les matins au réveil  ?

 

Figurez vous que ce matin (merci M. pour ton post sur la confiance) je me sens comme hypnotisée.

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The confidence gap : c’est du lard ou du cochon?

Oyez oyez braves bécasses gens! Le mystère des inégalités salariales (et autres) est enfin percé! Et la solution était là, toute simple, à portée de main. Et bien oui, mesdames et mesdames, ne cherchez plus, vous souffrez de discriminations au sein d’une société patriarcale manquez tout simplement de confiance en vous!! Allez allez, on se met un coup de pied aux fesses, on arrête de se cacher derrière le fauteuil en se demandant si notre jupe fait pute ou prude, et on fonce vers le succès en écrabouillant toutes les autres!!
Bon, trêves de sarcasmes, le sujet est sérieux, il s’agit d’un livre, intitulé The Confidence Code. Les auteures, Claire Shipman et Katty Kay, ont découvert au travers d’interviews avec les femmes les plus influentes du monde (sic), que même dans les hautes sphères du pouvoir, ces dames souffrent du syndrôme de l’imposteur et d’un cruel manque de confiance en elles. Shipman et Kay présentent leur découverte et l’ouvrage qui en a découlé dans un essai publié sur The Atlantic, intitulé The Confidence Gap, qui a beaucoup fait parler dans les salons (y compris ceux du Ministère des Droits des Femmes, on y viendra).

www.savagechickens.com

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Y’a pas que la science dans la vie : trouvailles # 5


Une tripotée de femmes qui ont marqué les sciences modernes sur le site l’Histoire par les femmes.

Et pour aller plus loin, le Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas devenir princesses.

Sur le site Makers, des tas de portraits filmés de femmes : artistes, scientifiques, pionnières, PDG…

Barbie vs. He-Man sur le blog BD Commando Culotte. Rigolo et instructif, sur les inégalités de représentativité dans les médias (entre autres).
Dans « La guerre invisible », deux journalistes ouvrent les placards (ornés d’affiches porno) de l’armée française. A lire aussi, un article sur la réaction du ministère de la défense.

Comment les blogueuses féministes servent-elles la cause des femmes? (Sur l’Express Styles).

L’éloge du mauvais coup. Un pied de nez au culte de la perfection (sur tous les plans et dans toutes les positions), à lire dans le Causette du mois d’Avril (résumé en ligne).
Les hommes n’ont pas toujours été considérés comme plus demandeurs de sexe que les femmes. Un bon exemple de la versatilité des stéréotypes au cours de l’histoire.
Un essai formidable de l’icône féministe américaine Gloria Steinem : Si les hommes avaient leurs règles (en english).
xkcd.com
L’irréelle misandrie (haine des hommes). Oui, les mecs se font aussi siffler dans la rue des fois. Non, on est pas ex-æquo pour autant…
Un blog photographique qui nous invite tous à reprendre pied avec nos corps, loin des images glacées et des juges agaçants:  « Mon corps m’appartient » 

Post invité : La Diabolisation des Larmes, par Mar

Y’at-il une base à la diabolisation des larmes?
(Traduit de l’anglais par S.P. Voir plus bas pour le texte original.)

Je suis définitivement une « pleureuse ». Je pense que j’ai du regarder « La ligne verte » plus de 10 fois, et pourtant à chaque fois que je vois John Coffey marcher vers la chaise électrique je me mets à gémir et sangloter comme un bébé affamé. C’est apparemment un trait des personnalités « hautement sensibles ». Même quand je sais qu’il s’agit de fiction, et que je sais à l’avance exactement ce qui va se passer, j’éprouve de la véritable empathie au point de souffrir réellement.
Je suis aussi une femme poursuivant une thèse en Neuroscience, ce qui, je suppose, fait de moi une scientifique. Et je suis prête à parier que la plupart (sinon toutes) les femmes scientifiques ont fait l’expérience au moins une fois dans leur carrière d’avoir les larmes qui montent aux yeux et la voix qui flanche en discutant d’un problème avec un-e encadrant-e, un-e chef-fe ou un-e collègue. Après que cela me soit arrivé plusieurs fois, aggravé par le fait qu’on m’a récemment diagnostiqué une dépression clinique, quelqu’un m’a dit que pleurer était agressif. Bien sûr je ne pense pas que ça soit le cas, mais cela m’a motivé, en tant que femme scientifique, à essayer de répondre a cette question : pleurer est-il inapproprié? Et si c’est considéré comme tel, est-ce pour une bonne raison, ou est-ce seulement une construction sociale arbitraire?

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Sentiment d’appartenance et Stéréotypes (réflexions sur le podcast Women in Science de Nature)

Le Nature Special sur les femmes en sciences qu’on cite souvent sur ce blog n’est plus tout récent, mais j’ai écouté il y a quelques jours le podcast enregistré pour l’occasion : une discussion avec Uta Frith et Athene Donald, toutes deux chercheuses en Angleterre. J’ai eu envie d’en parler ici parce qu’elles disent quelques trucs tout simples qui ont pas mal résonné avec mes réflexions personnelles, et aussi des discussions que j’ai eues récemment avec d’autres chercheuses.
Le sentiment d’appartenance et l’effet Boy’s Club

Athene Donald est apparemment très impliquées dans la cause des femmes en sciences, et elle a créé dans son institution un club « Science and Shopping ». Certes, mes poils se hérissent un peu à l’idée qu’il faille absolument caser des talons, de la mode ou du shopping quelque part pour que les femmes se sentent à l’aise (façon « Science, it’s a girl thing« , le spot raté de l’UE). Cependant, elle explique sa démarche en argumentant qu’il faut arriver à faire passer un sentiment de bienvenue pour les femmes en science, et surtout créer une sorte de « réseau d’anciennes », par opposition aux « old boys networks » au sein desquels les femmes ne sont pas facilement invitées. En cela, je pense qu’A. Donald a raison. Évidemment on ne parle pas ici de réseaux formels avec carte de membre et mot de passe secret, mais la sur-représentation des hommes en science crée un sentiment d’exclusion, de ne pas appartenir à ce club fermé de vieux copains de labo qui se tapent dans le dos et s’invitent mutuellement aux conférences qu’ils organisent. En fait je me suis récemment surprise à utiliser cette expression lors d’une conversation sur skype avec -attention, la classe totale- la présidente de la SfN, sur la situation des post-doc femmes : en parlant du manque de femmes chercheuses à qui s’identifier (« role models ») et de la difficulté de se sentir légitime au sein de la communauté scientifique, c’est sorti tout seul, j’ai dit « It’s a boy’s club » (un titre parfait pour une vidéo parodique à la « it’s a girl thing »). La solution au problème, sans aller jusqu’à des mesures extrêmes comme le shopping (!!), inclut certainement de tisser plus de liens entre collèguEs à divers stades de carrière. Pour créer un sentiment d’appartenance, et profiter des conseils et du soutien de personnes à qui l’on s’identifie et qui font face à des situations/interrogations similaires.

Marie Curie, infiltrée dans le boy’s club à la première Conférence de Solvay.

Le mur maternel : l’arbre qui cache la forêt?

Dans un second temps, Uta Frith et Athene Donald ont abordé le problème de la maternité et de son rôle dans le phénomène du tuyau percé (la diminution graduelle du nombre de femmes au fur et à mesure de l’avancement des carrières). Elles ont insisté sur le fait que la maternité est une réponse facile, souvent la première qui vient en tête, mais qu’il s’agit seulement d’un aspect du problème dans un paysage complexe. Il serait donc simpliste de penser qu’en résolvant les difficultés et inégalités liées à la maternité, on boucherait tous les trous du tuyau. Les stéréotypes culturels jouent un rôle majeur. Outre le manque de moyen purement matériels (absence de congés payés aux US, coûts de garde, etc) les femmes ressentent par exemple la pression d’être « une bonne mère », de passer du temps avec ses enfants, de leur faire des purées bio etc, pression qui n’est malheureusement pas répartie à égalité avec les pères, auxquels on reproche encore rarement d’avoir recours à la nounou 9h par jour. Et si l’on peut résister à la pression extérieure, il est parfois plus difficile de gérer son propre sentiment de culpabilité. Autre exemple, si on a été élevée pour être une gentille fille (la formulation est bien sûr exagérée : mais les études sociologiques montrent que les petites filles sont très tôt éduquées à satisfaire en priorité les désirs des autres, à ne pas se faire remarquer, etc), on n’a pas envie d’être « pushy », insistante et opiniâtre, alors qu’il faudrait pourtant parfois l’être. De même, Uta Frith fait remarquer que le déficit de femmes est beaucoup plus marqué dans les premières années en physique qu’en biologie, car la bio est une matière dans laquelle il n’est pas contre-stéréotypique pour les femmes d’exceller. En résumé, il y a une tension entre le comportement attendu d’une femme dans nos sociétés, et l’attitude qui favorise le succès dans le monde académique (et je dirais même les critères de réussite eux-mêmes). Évidemment, le débat sur les causes du tuyau percé nécessiterait plus que 5 minutes de discussion et quelques exemples, mais je me suis récemment aperçue que tout tournait beaucoup autour de l’opposition famille vs. labo (can we have it all, etc) dans lequel je ne me retrouve pas nécessairement, et j’ai apprécié que le problème soit appréhendé dans une perspective plus structurelle.

Mur maternel : passez votre tour! (pensez à toutes nos extensions pour plus de plaisir de jeu). Source : http://www.genderbiasbingo.com

Je vous suggère d’écouter le podcast en entier si vous comprenez l’anglais british (et celui parlé avec un léger accent allemand) : la discussion survole quelques autres thèmes intéressants dont certains sont détaillés dans des articles du Nature Special. Les interlocutrices évoquent notamment leurs propres carrières et expériences, les politiques de quotas (le fait que leurs effets ne soient pas évalués de façon scientifique et le possible « retour de bâton » pour les femmes en ayant bénéficié) ou encore les biais de genre qui affectent indifféremment hommes et femmes. La discussion se termine sur la nécessité d’inclure les hommes dans les débats et les actions, et la constatation optimiste que beaucoup d’entre eux sont prêt à apporter leur soutien. Je suis dans un bon jour, je n’ajouterai pas de commentaire sarcastique. Youpi!
M.

Dis Papa, quand est-ce qu’on mange ?


Les tensions autour de la réforme de la famille n’en finissent pas de faire des petits. Agacé par l’inculture scientifique (réelle ou feinte) des ecclésiastes et des responsables politiques, l’écologue Franck Cézilly a publié un livre sur les soins paternels chez les animaux. En faisant cela, il avait un peu envie, nous raconte-t-il (invité sur France Inter dans l’émission La Tête au carré) de démonter les stéréotypes concernant la répartition des rôles entre papa et maman chez les humains, qu’on appuie trop souvent sur un supposé ordre naturel (Voir à ce propos nos précédents posts Darwi-sexime, et Polémique sur le genre, quel rôle pour les biologistes ? ).


Frank Cézilly 2014 De mâle en père (à la recherche de l’instinct paternel) Buchet-Chastel


Alors voilà. Oui, en effet, les soins paternels, ça existe. A une époque on appelait ça les soins maternels exprimés par les mâles. C’est-à-dire que ça avait quelque chose qui semblait aberrant. Car oui, les chercheurs en sciences naturelles projettent eux-aussi leurs conceptions des rapports sociaux entre hommes et femmes sur leurs observations des animaux. Ainsi l’histoire de l’étude du comportement animal offre une moisson abondante de travaux sur les mâles. Mais ce sont les parades nuptiales et les caractères sexuels secondaires (poils, cornes, couil**) qui ont surtout, pendant longtemps, défrayé les gazettes. Les temps ont changé. Les papas chercheurs vont aussi chercher leurs enfants à la crèche. Et depuis une dizaine d’année, les comportements paternels sont aussi au menu des revues scientifiques.

Dans le livre De mâle en père, on apprend que chez certaines espèces d’araignées et de mille-pattes, les mâles protègent les pontes. Chez certains cichlidés (des poissons qui vivent dans les grands lacs d’Afrique de l’Est, et dans de nombreux aquariums), les mâles incubent les œufs dans leur bouche. Chez les hippocampes (stars des papas investis), ce sont les mâles qui assurent la gestation à l’aide d’un marsupium (une poche ventrale) dans laquelle la femelle transfère les œufs au moment de la ponte. Les amphibiens offrent aussi un bel exemple, avec le crapaud accoucheur qui porte une guirlande d’œufs sur ses pattes arrières et la transporte de mare en mare pour les sauver du dessèchement.


A lire : le numéro 53 de La hulotte sur le crapaud accoucheur

La comparaison entre les oiseaux et les mammifères est également intéressante. Chez les premiers  95% des espèces sont monogames. Chez les seconds, 5% seulement. (Précisons qu’on parle ici de monogamie sociale, c’est à dire d’organisation sociale pour l’élevage des jeunes ; quant à savoir qui mélange ses gamètes avec qui, il y a parfois avouons le quelques petits dérapages.) Les soins paternels suivent le mouvement. Ils sont beaucoup plus développés chez les oiseaux, où les mâles de nombreuses espèces couvent les œufs, nourrissent les petits, et les protègent des diverses agressions de l’environnement : les prédateurs, le froid, et parfois le soleil (d’où l’expression « papa-parasol » s’appliquant aux autruches, qui déploient vaillamment une aile pour protéger leur progéniture. Rien à voir, notons-le, avec les « papa-razzi » qui ne changent jamais les couches de leurs petits mais adorent les prendre en photos quand ils font des conneries).

Le Marsupilami, lui aussi, surveille le nid

La faible importance des soins paternels chez les mammifères s’expliquerait notamment par …la viviparité. L’utérus. Le placenta. La gestation interne, quoi. Bah oui, parce que, une fois qu’elle est là bien au chaud la petite graine, monsieur est à peu près sûr que ses gènes seront menés à terme et peut donc aller s’investir ailleurs.  (Hop hop attention aux raccourcis. On se place dans le cadre de la sélection naturelle. On considère  ainsi qu’un comportement est sélectionné au sein d’une espèce, s’il assure une plus grande chance de transmission des gènes des individus qui l’expriment, à la génération suivante)


Et maintenant je vous vois venir avec vos gros sabots. Nous autres, humains, on est des mammifères, non ? Alors ? WTF ? Pourquoi les hommes veilleraient-ils sur leur progéniture ? (i.e. » Une fois que je me suis reproduit, Je peux retourner jouer au flipper vintage et retrouver le goût du skateboard avec mes potes non ? » Bah disons que ce mécanisme évolutif n’explique pas tout du comportement parental des mammifères. Ensuite, la diversité des comportements entre espèces est telle, comme le rappelle également Franck Cézilly, qu’avec ce genre d’arguments on peut démontrer à peu près tout ce qu’on veut. En plus, on a une fâcheuse tendance à retourner notre veste quand ça nous arrange…c’est un peu facile de dire un jour, qu’on est des bêtes comme les autres et puis, le lendemain, quand ça nous arrange moins, que non décidément on n’a rien avoir avec les autres animaux, ces êtres primitifs qui ne nous arrivent pas à la cheville.
Tiens ! J’entends une petite voix au loin : « Papa, papa ! Quand-est-ce qu’on mange ? » 

Y.




Y’a pas que la science dans la vie : trouvailles #4

Un article intéressant sur féminisme et maternité sur Tout à l’Ego, le blog de Sophie Gourion.

Ci-dessous, le premier prix du concours EgalitéE 2014 organisé par la ministère des droits des femmes. Les autres lauréates ici.
Marina et Valentine, Paris.

Un tout jeune tumblr qui met la patate, à consulter en parallèle des témoignages de harcèlement dans l’espace public (par exemple ici, ici, et ) : fight back!

Sur le même thème, lisez aussi le Petit manuel d’autodéfense à l’usage de toutes les femmes qui en ont marre de se faire emmerder sans rien dire, aux éditions Zones, accès libre en ligne.

Et enfin, une suggestion bien tentante pour rétablir la place des femmes dans l’espace public : casser la gueule aux aggresseurs, voire aux gros emmerdeurs.

A vos filles, nièces, filleules et autres petites filles de vos vies, offrez le Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses.

Après l’Homme au pistolet d’or, voici venue… la femme au pistolet rose ! Hourra, les marchands d’armes se mettent au design Girly. Et du char d’assaut Barbie au bazooka Petit Poney, il y a encore plein de possibilités !

Allez faire un tout sur Les 400 culs, le blog d’Agnes Giard, ou sexe et féminisme font bon ménage. Toujours très intéressant et bien documenté.

Attention! La fac de droit de McGill (Canada) est remplie de féministes!!

Et sinon, je fais de la politique. Un tumblr édifiant, alimenté par les témoignages de sexisme de femmes engagées.

#itooamharvard : les étudiant-e-s noir-e-s de Harvard témoignent du racisme au sein de la prestigieuse université.

Quinze portraits de femmes de science par divers artistes, sur le site du Scientific American.

Comment obtenir une augmentation en 47 secondes. Et c’est une vidéo norvégienne…

Pour une carrière boostée, optez pour les nénés !

La fast science se doit d’être sexy ! Heureusement certains s’y emploient, et au sens propre…Mais le résultat est plutôt crasseux. Les filles mignonnes et peu vêtues, ça fait vendre, la publicité le sait et s’en sert depuis des lustres. Les chercheurs, qui se doivent eux aussi d’apprendre à vendre leur cul QI au plus offrant, l’ont bien compris, qu’il fallait être sexy, et notamment dans les domaines ultra compétitifs comme la biologie moléculaire.

Or donc, des chercheurs étudiant le protéome du lait de coco n’ont rien trouvé de mieux à faire que d’illustrer leur article, publié en 2012 dans un journal scientifique de renom (Journal of Proteomics) par la photo d’une donzelle, tout en faux ongles et blondeur californienne, armée de deux grosses noix (de coco) plantées de pailles. Ainsi, deux pina colada bien généreuses placées devant ses seins qu’on ne peut donc qu’imaginer, elle sourit.

Explicit graphical abstract

La voici en image…Efficace, non ? Leur hommage, en conclusion de l’article, à « Coconut woman », un morceau de l’artiste noir américain Harry Belafonte ne change rien à l’affaire. (Bien essayé mais hors sujet, puisque cette chanson parle des femmes qui vendaient des noix de coco dans les caraïbes des années cinquante, et on imagine bien qu’elles avaient une autre allure). La photo a été retirée il y a quelques jours du site de l’éditeur, suite à un buzz (voir ici) et des réactions dans la twittobloggosphère ces jours derniers (l’histoire plus en détail ici, et ) . Une autre photo a aussi été retirée, qui illustrait un article sur le protéome du miel par deux nanas sur fond nid d’abeille… Il semblerait que le chercheur incriminé adore les graphical abstracts, il part dans tous les sens, et les photos kitch de femmes sexy n’y sont pas omniprésentes. Ça n’empêche…que ça reste d’assez mauvais goût (…contrairement à la pina colada, me direz vous).



Comment conclure ? Allez changeons de camp pour voir. Tout ça me donne une idée. Ce type d’illustration pourrait devenir un motif récurrent voire même obligatoire dans les journaux qui comptent. Ceux dans lesquels il faut publier pour être visible, cité, coché, téléchargé, pour charger son h factor, son potentiel d’embauche, sa compétitivité personnelle sur le marché mondial de l’emploi scientifique ! Alors pour parler d’oiseaux, on mettra une danseuse de cabaret habillée d’une seule plume d’autruche,  pour les poissons des sirènes dénudées, ou alors des morues un peu grasses…pour la nouvelle molécule anti-cancer, des infirmières en petite culotte,  pour une analyse du conflit en Ukraine, Xena la guerrière en cuir…Et sur le fronton des facultés on pourra lire  : Vous voulez une chaire ? On veut voir de la chair ! Bon. Puisque c’est comme ça je me remets à mon plan de thèse. Je vois déjà d’ici plantée sur la couverture, une jeune femme nue dans un tas de feuilles.

Y. 

ps  : un des éditeurs a répondu à une demande de rétraction qu’il ne trouvait pas ces images sexistes, et qu’un homme aurait aussi bien pu être représenté. Mais c’est difficile d’être d’accord avec lui. En effet à titre exemple, quand on tape le mot « sexy » dans notre moteur de recherche préféré, on tombe sur une immense majorité de filles sans rien à se mettre, dont un certain nombre allongées ou à quatre pattes. Il y a donc encore des progrès à faire vers l’égalité. Heureusement on tombe aussi sur…Ryan Gosling torse nu. Donc tout n’est pas perdu.

Un peu d’inspiration

The physicist Sally Ride, Credit: © Andrea Del Rio. Source

Pour une fois je vais commencer par l’image. Elle a pas la classe cette Sally Ride? Physicienne, astronaute, éducatrice, première femme Américaine dans l’espace. Mais aussi confiante, souriante, et féminine. Alors c’est vrai, on aurait le droit d’être comme ça? Je veux dire scientifique ET femme? Mais sans être triste et à l’article de la mort comme Marie Curie? (no offense Marie Cu, mais bon, mourir pour la science c’est pas mon intention). Voire même être scientifique, femme ET heureuse? (oh là j’en demande beaucoup là). Je ne sais pas pour vous, mais moi, ça me fait chaud au coeur de voir cette image, et je réalise encore plus combien l’on manque de modèles féminins dans nos métiers. Oui on en a beaucoup parlé dans ce blog, de ce manque de modèles auxquels on pourrait s’identifier, du manque de relai des médias, de la sous représentation des scientifiquEs dans l’espace public médiatique. Tout cela pèse réellement sur notre façon de nous projeter, sur nos ambitions, nos espoirs. Mais si un travail de fond est nécessaire, je crois aussi que certains coups de pouce sont singulièrement efficaces. Cette simple image par exemple, ou le fait de dire autour de nous et à nos étudiants combien la science c’est cool (le site I fucking love science m’a aidé plus d’une fois à ne pas abandonner ma thèse, en plus c’est une fille qui en est l’auteure), et puis tenir le coup, accessoirement. Car si Sally Ride peut le faire, pourquoi pas nous? Pour plus d’images de femmes scientifiques qui ont la classe et vous reboostent, je vous invite donc à lire cet article du Scientific American sur l’expo qui se tient bientôt à Austin. Après tout, on a tous besoin de sources d’inspiration (mais sans barbe de préférence).

Girl power!

P.

Métro Montréalais

A tous ceux qui me demandent encore pourquoi je suis féministe, ou qui trouveraient que le ton de certains posts est un peu acerbe. Montréal, ligne verte. Un vieux beau vient se frotter à moi dans le métro. Pour certains, je suis encore un objet sexuel avant d’être moi-même. Nous sommes le 14 mars 2014, dans un des pays censés être à la pointe du progrès social. Tout est dit.
P.