Quelques pas vers la parité

De pourcentages en histogrammes, quelques clics de souris nous donnent à voir la situation des femmes aux postes d’enseignants chercheurs dans les universités Françaises. C’est la CP CNU (Commission permanente du Conseil national des universités) qui nous propose ces chiffres dans son rapport annuel. Bonne nouvelle, ça progresse. De 1992 à 2012, on a en effet pris dix points ! Autrement dit, c’est la croissance ! Hourra ! Fini la crise ! (oups, les chroniques boursières du matin à la radio ont dû m’affecter un poil)

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Evolution de la proportion de femmes aux postes d’enseignants chercheurs dans les universités françaises de 1992 à 2012 (CP-CNU)

Il y a donc (roulement de tambour) 36 % de femmes chez les enseignants-chercheurs. Néanmoins ce chiffre mérite d’être nuancé en suivant le parcours de la progression de carrière dans le domaine. Si dans le privé on parle en « junior » et « senior » et en Kilo euro de salaire, chez les chercheurs en France on parle de grade. Lire la suite

Y a pas que les sciences dans la vie : trouvailles #6

Voici un livre que je ne lirai probablement pas parce que j’ai un article/une thèse/36 bouquins à finir (gniii), mais bon, je suis contente d’avoir croisé son chemin : « De la Masculinité, enjeux sociaux de l’hégémonie » :  les hommes au pluriel, par la sociologue  australienne Raewyn Connell.

« Elle est sollicitée, elle dit non pour des raisons éthiques : elle refuse de participer à la mise au point de la bombe [atomique]. »  Une mini-biographie de Lise Meitner, co-découvreuse de la fission nucléaire et femme de conscience.

Un rapport alarmant sur la situation des filles et femmes syriennes depuis le début du conflit.

Une méta-analyse montre que les goûts des femmes hétérosexuelles pour certains types d’hommes ne dépendent pas du cycle menstruel. Ah bon, nous ne serions donc pas entièrement gouvernées par nos variations hormonales?

Résister à l’emprisonnement des stéréotypes hommes-femmes : retour sur une belle interview donnée par Susan Sontag au magazine Rolling Stone en 1978 !

Renforcez votre « Self esteam » avec les Rock’n’roll camp for girls ! Y a pas d’âge pour s’emparer des guitares (pour dire ce qu’on a à dire)

Une campagne à l’américaine pour que « comme une fille » ne soit plus une insulte (avertissement :  c’est une pub pour les serviettes hygiéniques !! Perso je vous recommande la Mooncup pour préserver votre image et la planète en même temps)

De belles illustrations qui nous incitent à décider de qui nous sommes en tant que femmes… coiffure afro, rondeurs, amours des hommes, amour des femmes, plaisir des livres, des jeans trop grands ou des talons aiguilles… joie de la diversité !

« Du caractère polymorphe et mutlicolore du relou en milieu urbain » : un bon coup de gueule qui dénonce les amalgames racistes dans les discours sur le harcèlement de rue, par Clemmie. A lire.

Un court podcast (en anglais + retranscription) sur les nombreuses femmes à l’origine des premiers ordinateurs et programmes : Ada Lovelace et sa clique! Car l’informatique n’a pas toujours été un domaine réservé des geeks mâles.

 

Sur le terrain, les chercheuses sont parfois des proies

J’ai quelques histoires dans ma besace qui pèsent un peu trop lourd. Ça fait longtemps que je les traine avec moi. Il faut en parler. De cette violence qui nous poursuit. Je parle ici d’une violence particulière : la violence sexuelle. Essayons modestement d’aborder la à l’aide de témoignages que l’on m’a rapportés, et des résultats d’une étude publiée cet été par Kathryn B. H. Clancy (anthropologue de l’université de l’Illinois) et ses collègues.

Les activités de recherche scientifique comportent souvent une dimension « outdoor », « in the field »… en français dans le texte on appelle ça « le terrain ». Et c’est bien connu ma petite, si tu t’aventures toute seule dehors, le grand méchant loup est là qui te guette ! Ainsi les femmes du monde académique qui s’aventurent sur le terrain se retrouvent parfois dans une position qu’elles n’avaient pas cherchée : celle de la proie.

Une biche etonnée à la lecture de ce post (cc) Nicolas Hoizey_FlickR

Une biche étonnée à la lecture de ce billet            (cc) Nicolas Hoizey

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Un bon point pour la médaille Fields

Bon, l’info n’est plus toute fraîche mais on se devait quand même de faire une petite bafouille émue pour ce grand évènement : pour la première fois depuis 1936, la  médaille Fields, le plus prestigieux prix de Mathématiques (on la compare souvent au prix Nobel) a été décernée à une femme! Maryam Mirzakhani, d’origine iranienne, est professeure a l’université de Stanford (Etats-Unis) et a été récompensée pour, je traduis, « ses contributions sophistiquées et hautement originales aux champs de la géometrie et des systèmes dynamiques, en particulier dans la compréhension de la symétrie des surfaces courbes, telles que les sphères, les surfaces de doughnut (oui, oui, c’est des maths!) et d’objets hyperboliques. » Youpi!

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Maryam Mirzakhani, première femme lauréate de la médaille Fields.

Un petit pas, mais hautement symbolique, vers la féminisation d’une discipline qui reste l’une des plus masculines du champs scientifique. Bravo à Maryam Mirzhakhani, intronisée  « role-model » en or pour des générations de jeunes matheuses!

Plus d’infos , et , par exemple.

S.P.

Thank you for considering me for this opportunity

Une phrase anodine en apparence, mais attention, en fonction du ton de voix que vous employez pour la dire, vous pouvez diminuer considérablement votre probabilité d’embauche. Enfin, surtout si vous êtes une femme.

vocal fryC’est dans cet article de Plos One que j’ai lu il y a quelques temps sur les intonations de voix chez les femmes (the « vocal fry ») et leur impact sur la probabilité de trouver un job. J’aime bien ce genre d’étude, mais j’avais trouvé étrange le ton de l’article, qui se voulait très neutre et objectif mais balançait parfois des généralités choquantes à mon goût. Mais je trouve qu’il reflète bien la (mauvaise) tendance actuelle à vouloir « coacher » les femmes sur leur manière de se comporter (et apparemment de parler) pour être successfull. Anyway, en voilà un petit résumé.

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Verizon, honnête ou intox? Quand la pub se féministise…

Je suis toujours très partagée par la nouvelle tendance au « feminist-washing » : l’utilisation de thèmes ou revendications féministes pour vendre des produits. Dove joue là-dessus depuis un moment (Dove** va vous révéler que vous étiez belle sans le savoir, petite dinde, mais seulement si vous achetez Dove – et aussi : le gras c’est beau, mais la cellulite n’existe pas), Pantène s’y est mis récemment avec son spot sur le double standard* (que vous combattrez avec des cheveux de soie). Particulièrement quand c’est l’industrie des cosmétique qui fait tout son beurre sur l’insécurité des femmes et les standards de beauté impossibles à atteindre (lecture obligatoire pour cet été : Naomi Wolf The Beauty Myth), je trouve que c’est vraiment du foutage de gueule. Autrement, Always vient d’en sortir un sur lequel mon coeur balance (le spot est bien, les serviettes hygiéniques ne sont pas vraiment un produit de beauté, mais Always c’est Procter and Gamble, qui font des tonnes de spots sexistes, notamment pour Axe). D’un autre côté, la puissance de frappe de ces grosses boîtes et l’influence de la pub sont telles que je me dis que ça peut peut-être contribuer à faire changer les esprits…

Illustration Marie Lebrun pour Regards féminins sur la science

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Un petit mot pour Godzilla

Nous reproduisons ici un petit mot reçu dans notre boite aux lettres :

« Hello,
Voici deux trois fois que je tente de commenter votre article syndrome de Godzilla. En gros j’écris que « j’ADORE (en majuscules, oui), et que même en étant senior dans mon poste je prends à ma charge la tâche de mettre à l’aise les invités et proposer le café. Et ses attentes sociales, ça ne se passe pas que dans ma tête. J’accumule énormément d’agressivité et je la balance au premier qui me demande si je suis l’assistante. Comme ceci :

Alors qu’au final je n’ai fait qu’encourager cette idée de moi. Ah je me déteste! Mais vous m’avez inspirée, je vais peut être raconter cette expérience de séminaire particulièrement pénible. Merci pour ce blog et continuez à soutenir les jeunes filles de 14 ans!! »

La nature devant la science : une femme soumise ?

Hier en faisant un peu de biblio je suis tombée sur une phrase frappante, à propos des représentations de la nature vue par la science. La science est désir d’objectivité … mais elle est aussi prise dans des jeux de mise en scène, comme le rappelle le sociologue des sciences Dominique Pestre dans son livre A contre science Il fait ainsi référence à une vieille statue datant de la fin du XIXème : « Pensez à la statue La Nature se dévoilant devant la Science, nature représentée par une femme aussi belle que soumise » (Pestre, 2013, p.7). Je ne connaissais pas cette statue alors j’ai cherché. La voici se dénudant devant vos yeux ébahis. L’image même de la modestie, avec quelque chose d’excitant dans ce dévoilement tête penchée sous le drapé de pierre.

La nature se dévoilant devant la science. Ernest Barrias. Photo : Daniel Smullen, 2009, flickR (cc)

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Adieu petit poney

Est-ce que vous aussi vous avez tendance à amenuiser ce que vous dites, en ajoutant l’adjectif « petit » à toutes les sauces dès que vous écrivez quelque chose ? Moi je fais ça tout le temps, petit  « un peu » ou encore « quelque »,  « c’est un peu comme », « à peu près », etc.

Illustration : Marie Lebrun pour Regards féminins sur la science

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