Un peu d’inspiration

The physicist Sally Ride, Credit: © Andrea Del Rio. Source

Pour une fois je vais commencer par l’image. Elle a pas la classe cette Sally Ride? Physicienne, astronaute, éducatrice, première femme Américaine dans l’espace. Mais aussi confiante, souriante, et féminine. Alors c’est vrai, on aurait le droit d’être comme ça? Je veux dire scientifique ET femme? Mais sans être triste et à l’article de la mort comme Marie Curie? (no offense Marie Cu, mais bon, mourir pour la science c’est pas mon intention). Voire même être scientifique, femme ET heureuse? (oh là j’en demande beaucoup là). Je ne sais pas pour vous, mais moi, ça me fait chaud au coeur de voir cette image, et je réalise encore plus combien l’on manque de modèles féminins dans nos métiers. Oui on en a beaucoup parlé dans ce blog, de ce manque de modèles auxquels on pourrait s’identifier, du manque de relai des médias, de la sous représentation des scientifiquEs dans l’espace public médiatique. Tout cela pèse réellement sur notre façon de nous projeter, sur nos ambitions, nos espoirs. Mais si un travail de fond est nécessaire, je crois aussi que certains coups de pouce sont singulièrement efficaces. Cette simple image par exemple, ou le fait de dire autour de nous et à nos étudiants combien la science c’est cool (le site I fucking love science m’a aidé plus d’une fois à ne pas abandonner ma thèse, en plus c’est une fille qui en est l’auteure), et puis tenir le coup, accessoirement. Car si Sally Ride peut le faire, pourquoi pas nous? Pour plus d’images de femmes scientifiques qui ont la classe et vous reboostent, je vous invite donc à lire cet article du Scientific American sur l’expo qui se tient bientôt à Austin. Après tout, on a tous besoin de sources d’inspiration (mais sans barbe de préférence).

Girl power!

P.

Dans le flot… … des mots … … …


On voudrait …On voudrait une somme, sommation, une baguette magique en première impression, à froid, qu’est ce que ça vous dit, la première pensée qui vous vient, le miracle au bord du chemin. Les trous dans les rideaux et les taches sur les draps. Voilà ce qui me vient. Et vous ?

La mer dense et glacée, un bateau qui mugit, les vagues gourmandes chez le marchand qui lèchent la glace dans les vitrines, qui lèchent leur reflet dans la vitrine.

Dans la vitrine du BHV. Le corps penché d’une femme sous un canapé. Elle passe la poussière, dessous, et monsieur, lui, est assis dessus…il se repose…est-ce de l’humour ?

On devrait toujours commencer par ça, par écrire les premières phrases qui passent et se plonger dans le flot, après ça vient tout seul, mais ce qui vient, ça, on ne le sait pas d’avance. D’avance non, on ne le sait pas. J’ai envie de tourner la page, mais je n’ai pas encore fini de l’écrire, la page en question. Est-il toujours besoin de répéter, première sommation, deuxième sommation, avant de tirer le rideau sur soi et de disparaître pour de bon ?

L’incohérence est notre seule liberté. Disent-ils dans  Des nouvelles du bon Dieu*. Je suis de cet avis. Je sais que j’existe, et ça n’est pas parce que je pense, non, mais bien plutôt parce que je rêve, parce que le flot m’échappe et m’engloutit. Je crée, moi aussi. La boucle se poursuit. Moi aussi ? Moi surtout. Pour les autres je n’en sais rien. Le seul flux que je perçois bien est le mien.
Y.
*un film foutraque de Didier Le Pêcheur (1995) où les personnages se demandent s’ils sont bien réels ou seulement vivants dans un roman ?

Ecrire à l’écran

Tisser les mots comme le chanvre ou le lin.
Texte tissu, sens rapiécé, paré des lambeaux choisis d’anciens costumes
qui lui donnent plus de corps et de coffre.
 
Croiser les fers, serrer l’osier autour du cadre.
Texte panier, où le sens s’installe comme un chat
en tournant d’abord sur lui-même quatre fois.
Y.