1,2,3, têtée ! L’allaitement facile pour les têtes chercheuses

On n’a pas des vies faciles. 50 % des enseignants chercheurs n’arrivent pas à trouver l’équilibre entre leur vie familiale et leur vie professionnelle. C’est particulièrement vrai pour les jeunes chercheurs, et pour les femmes. La naissance des enfants à quelque chose à voir la dedans. Congé maternité et temps partiel cadrent mal dans un contexte de compétition permanente et accélérée (voir l’article publié par l’Etudiant).

Certains diront que c’est hors sujet de faire encore des enfants vu qu’on va bientôt tous devenir immortels (si on en croit les trans-humains). Mais bon. En attendant, Il faut bien booster la natalité nationale (sic). Alors, comment faire pour ne pas passer de l’arrivée du divin enfant aux terreurs de l’enfer ?  Mes sœurs, ne désespérez pas. Des solutions existent *

téton

Un bonnet en forme de téton pour faire accepter l’allaitement en public.**

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Les femmes et la science..fiction !

Cette année, j’ai décidé de célébrer le huit mars (journée [des, de la, du droit des] femmes) par une ode aux héroïnes de Science Fiction. Cela fera un pied de nez à ce physicien qui avait si mal choisi sa chemise (cf. le billet « shirt storm » de substance P)

Un genre littéraire où les femmes ne servent à rien ?

Les femmes et la SF, ça mériterait une encyclopédie. Je n’ai pas le temps de m’y mettre tout de suite. Cet été peut-être. A moins que ça ait déjà été fait ? Je n’en sais rien. Pour commencer, il faut préciser que la SF est un genre littéraire et cinématographique qui ne laisse vraiment pas beaucoup de place aux femmes. On peut dire que globalement elles n’y servent à rien, à part peut-être décorer, avoir peur, gémir, être sauvées, récompenser les héros. Heureusement il y a des exceptions. Aujourd’hui j’ai envie de célébrer ces héroïnes à qui leurs auteurs donnent des « tripes », qui combattent des monstres intergalactiques, résolvent des théorèmes ultimes et n’ont pas peur de se balader jusqu’aux tréfonds de la galaxie pour y découvrir le sens de la vie. Voici quelques exemples plus ou moins représentatifs.

 1962…Barbarella

Une femme sauvage qui explore les planètes, séduit les extraterrestres et ouvre la voie de la libération sexuelle avec sa libido puissante… et son énorme flingue ! Inspirée par Brigitte Bardot, puis interprétée par Jane Fonda à l’écran en 1968, un an avant l’année érotique de Birkin et Gainsbourg. Célébrons Barbarella, gloire à l’orgasmotron… !

Barbarella Lire la suite

The Shi(r)tstorm, tempête de sexisme à l’Agence Spatiale Européenne

Comme je suis parfois un peu vulgaire, j’aime bien cette expression anglophone, « shitstorm », en bon français tempête de merde, qu’on utilise pour caractériser une réaction ou un ensemble de réactions un peu violentes à un truc (exemple : je lui ai mélangé tout ses échantillons sans faire exprès je te raconte pas le shitstorm que je me suis pris). J’ai donc bien aimé le détournement de l’expression en « shirtstorm » pour désigner l’ensemble de réactions indignées et contre-réactions haineuses indignées à l’affaire de:  LA CHEMISE DE L’ESPACE (shirt = chemise, vous suivez?).

Petit rappel des faits : le 12 novembre 2014 (oui je plaide coupable, je vous sers un peu du réchauffé), la mission Rosetta de l’Agence Spatiale Européenne  réussit à poser une sonde sur une comète après 10 ans de voyage: wooooot wooot! Grande réussite scientifique de 2014, un vrai truc de ouf, tout le monde se congratule, couverture maximale de l’évènement, et interview en direct de l’un des scientifiques du projet. Et là, c’est le drame, car Monsieur Rosetta porte une chemise couverte de bimbos hypersexualisées.

Thanks To That Shirt, We May Get a Shirt Celebrating Women In Science

Dr. Taylor dans sa belle chemise du dimanche.

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Adieu petit poney

Est-ce que vous aussi vous avez tendance à amenuiser ce que vous dites, en ajoutant l’adjectif « petit » à toutes les sauces dès que vous écrivez quelque chose ? Moi je fais ça tout le temps, petit  « un peu » ou encore « quelque »,  « c’est un peu comme », « à peu près », etc.

Illustration : Marie Lebrun pour Regards féminins sur la science

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Aiiiiieeeessss confiaaaaaaance…

 » Par Osiris et pas Apis…regarde moi..regarde moi bien…tu est maintenant une « fille pleine de talent » !  » Dites-voir les gonzesses, est-ce qu’il faut qu’on se fasse hypnotiser pour arrêter de se sentir nulles tous les matins au réveil  ?

 

Figurez vous que ce matin (merci M. pour ton post sur la confiance) je me sens comme hypnotisée.

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Pour une carrière boostée, optez pour les nénés !

La fast science se doit d’être sexy ! Heureusement certains s’y emploient, et au sens propre…Mais le résultat est plutôt crasseux. Les filles mignonnes et peu vêtues, ça fait vendre, la publicité le sait et s’en sert depuis des lustres. Les chercheurs, qui se doivent eux aussi d’apprendre à vendre leur cul QI au plus offrant, l’ont bien compris, qu’il fallait être sexy, et notamment dans les domaines ultra compétitifs comme la biologie moléculaire.

Or donc, des chercheurs étudiant le protéome du lait de coco n’ont rien trouvé de mieux à faire que d’illustrer leur article, publié en 2012 dans un journal scientifique de renom (Journal of Proteomics) par la photo d’une donzelle, tout en faux ongles et blondeur californienne, armée de deux grosses noix (de coco) plantées de pailles. Ainsi, deux pina colada bien généreuses placées devant ses seins qu’on ne peut donc qu’imaginer, elle sourit.

Explicit graphical abstract

La voici en image…Efficace, non ? Leur hommage, en conclusion de l’article, à « Coconut woman », un morceau de l’artiste noir américain Harry Belafonte ne change rien à l’affaire. (Bien essayé mais hors sujet, puisque cette chanson parle des femmes qui vendaient des noix de coco dans les caraïbes des années cinquante, et on imagine bien qu’elles avaient une autre allure). La photo a été retirée il y a quelques jours du site de l’éditeur, suite à un buzz (voir ici) et des réactions dans la twittobloggosphère ces jours derniers (l’histoire plus en détail ici, et ) . Une autre photo a aussi été retirée, qui illustrait un article sur le protéome du miel par deux nanas sur fond nid d’abeille… Il semblerait que le chercheur incriminé adore les graphical abstracts, il part dans tous les sens, et les photos kitch de femmes sexy n’y sont pas omniprésentes. Ça n’empêche…que ça reste d’assez mauvais goût (…contrairement à la pina colada, me direz vous).



Comment conclure ? Allez changeons de camp pour voir. Tout ça me donne une idée. Ce type d’illustration pourrait devenir un motif récurrent voire même obligatoire dans les journaux qui comptent. Ceux dans lesquels il faut publier pour être visible, cité, coché, téléchargé, pour charger son h factor, son potentiel d’embauche, sa compétitivité personnelle sur le marché mondial de l’emploi scientifique ! Alors pour parler d’oiseaux, on mettra une danseuse de cabaret habillée d’une seule plume d’autruche,  pour les poissons des sirènes dénudées, ou alors des morues un peu grasses…pour la nouvelle molécule anti-cancer, des infirmières en petite culotte,  pour une analyse du conflit en Ukraine, Xena la guerrière en cuir…Et sur le fronton des facultés on pourra lire  : Vous voulez une chaire ? On veut voir de la chair ! Bon. Puisque c’est comme ça je me remets à mon plan de thèse. Je vois déjà d’ici plantée sur la couverture, une jeune femme nue dans un tas de feuilles.

Y. 

ps  : un des éditeurs a répondu à une demande de rétraction qu’il ne trouvait pas ces images sexistes, et qu’un homme aurait aussi bien pu être représenté. Mais c’est difficile d’être d’accord avec lui. En effet à titre exemple, quand on tape le mot « sexy » dans notre moteur de recherche préféré, on tombe sur une immense majorité de filles sans rien à se mettre, dont un certain nombre allongées ou à quatre pattes. Il y a donc encore des progrès à faire vers l’égalité. Heureusement on tombe aussi sur…Ryan Gosling torse nu. Donc tout n’est pas perdu.

Les mecs qui nous plaisent…et ceux qui nous emmerdent

J’ai une amie en école d’archi. On se raconte nos histoires de cœur, et dans l’océan de la diversité des attirances, il nous arrive de parler de mecs. Il y a ceux qui nous plaisent, et à qui on n’ose pas le dire, peut être parce qu’on a pas appris à faire le premier pas…et que maintenant on se sent comme handicapées. Alors on partage, on se donne du courage pour leur dire ce qu’on pense à ces mecs malins, charmants, humains, avec qui on pourrait s’imaginer faire un bout de chemin.
Et puis  il y a aussi ceux qui nous emmerdent, profond, qui nous cassent les…Oups. Ne soyons pas vulgaire, très chère. D’où sortez vous ce caractère ? Mon oeil. Vulgaire, si je veux. Donc il y a cet emmerdeur, là, qui coupe systématiquement la parole aux filles quand elles proposent des idées. Celui qui a collé une photo de pin-up dans la salle commune. Ceux qui racontent des blagues porno de base dans la plus pure tradition des femmes objets au déjeuner. Et puis cette habitude qui consiste à jouer à humilier les filles qu’ils trouvent jolies. Ou encore dans leur dos les professeures, parce que là bon, on ne peut pas le faire en face. Tout ça, c’est pour rire bien sûr et ils s’amusent bien d’ailleurs ! Pendant ce temps là, nous on partage et on tâche d’en rire et de s’en moquer, et ça nous aide à trouver le courage pour leur dire, à eux aussi…ce qu’on en pense.

Y.

Le syndrome GODZILLA


  

Vous entrez dans un laboratoire, pleines de courage et de détermination. Attention les filles ! Quatre méchants syndromes vous guettent. Comme les fantômes dans Pac Man, les extraterrestres dans BodySnatchers…ils en veulent à votre enveloppe corporelle, ils vous tendent des pièges à chaque réunion…Saurez-vous les éviter et gagner des points de carrière ? 

L’imposture …le plus répandu, le plus dangereux : penser à tout bout de champ que quelqu’un d’autre ferait mieux les choses que vous, qu’il s’agisse d’écrire un papier, de faire une thèse, de présenter son projet CNRS, de devenir Professeur des Universités…

Mais vous pourrez aussi rencontrer ces autres personnages au coin d’un couloir ! prenez garde !


Donne la pa-patte ne fait les choses que quand on lui demande, surtout pour ce qui est de… prendre la parole en public  !

 

Princesse Sarah se dévoue en souriant pour les corvées collectives. Organiser les pots, ranger après les pots, sortir les poubelles carton/papier, nettoyer le frigo de la salle café…

 
Et enfin le syndrome Godzilla ! Cette charmante jeune femme a très très peur de faire fuir les partenaires sexuels potentiels – en particulier les hommes – parce qu’elle est intello et ambitieuse. Mais comme dirait une camarade  quelqu’un qui te fuit parce que tu es intelligente, mieux vaut le fuir aussi à ton tour, alors…

Big up aux femmes fatales et aux têtes bien faites comme dirait l’autre, on va pas se cacher sous la table en plus…


 » Tiens, tu reviens du terrain ? « 

Ce qui est bien dans le monde de la recherche c’est qu’on peut quand même un peu s’habiller comme on veut. Enfin…c’est ce qu’on dit.  Est-ce bien aussi vrai que ça pour nous les filles ? Dans mon labo une blague circule à ce propos : « Tiens, tu reviens du terrain ?  » c’est la remarque anodine qui sort dix fois de suite à la pause quand une fille est habillée un peu tranquille, jean crade, chaussures de marche…

Sauf que parfois celle-ci répond : « Eh bah non en fait ! j’ai juste eu la flemme de chercher dans mon armoire ce matin ! » Voilà pour les filles. Et en y réfléchissant bien, les garçons sont aussi soumis à un certain dress-code, largement dominé par la célébrissime « chemise à carreaux ».

la fameuse chemise à carreaux du chercheur

Pas la chemise de bucheron canadien, ni la chemise US rouge et bleue à boutons nacrés, qui font un peu trop « Hipster ». Non, la chemise à carreau à l’ancienne, discrète, sur fond blanc, gris, bleu pâle…et surtout, ne jamais repasser ! Si vous venez, en plus, avec une veste à épaulettes et des chaussures en cuir cirées, vous risquez fort d’être accueilli par le classique : »Tiens, t’étais en réunion au Ministère ? « 

Un look cow-boy texan pour les chercheuses qui en ont la-dedans. Autres conseils de mode avisés à suivre !

C’est intéressant ce que tu dis mais tu devrais mettre une jupe.

Je viens de decouvrir Emily Graslie via cet article. Elle fait des vidéos de vulgarisation scientifique au Musée d’Histoire Naturelle de Chicago via la chaine youtube The Brain Scoop, filme des bocaux de spécimens ou la taxidermisation (taxidermisation? taxidermage? bref l’empaillement. Paillage?) d’un loup, tout en expliquant des tas de choses. Instructif et sympathique.

Cette vidéo est un peu à part, puisqu’ici Emily ne vulgarise pas la science, mais le sexisme ordinaire dont elle est victime au travers d’une partie des commentaires et e-mails qu’elle recoit quotidiennement (extraits à l’appui). Et elle explique très simplement comment les commentaires sur son physique, ou la façon dont elle s’habille, ou sur l’envie que quelques-uns ont de la sauter entre un fossile et une tortue, sapent sa confiance en elle et en sa capacité à transmettre du contenu scientifique indépendamment de ce à quoi elle ressemble.
M.