Y a pas que les sciences dans la vie : trouvailles #7

Pour fêter l’été, petites miscellanées, à lire, à voir, à écouter :

> Les extraits d’un entretien avec l’anthropologue Françoise Héritier, mené avant la campagne présidentielle de 2012, à propos d’égalité : corps alimentation dressage, un petit quart d’heure de clarté.

> Une lettre écrite par la philosophe Hélène Metzger à son mentor, Emile Meyerson en 1933. « Je ne me sens pas modeste ou petite fille en présence de votre grandeur ». Lui écrivant pour lui souhaiter bon rétablissement après un problème de santé, elle en profite pour lui rentrer un peu dans le lard ! Publiée sur le blog Academia.

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> Ca s’appelle « Lionnes !  » ce n’est pas un énième documentaire avec voix off sur la savane…mais sur la force d’un collectif de femmes Rwandaises qui se reconstruisent après les violences sexuelles qui ont accompagné le génocide (auteur : Frédéric Kristiansson). En accès libre

> Un billet des 400 Culs sur le genre des mots…ou comment les mots « philosophesse » et « autrice »  ont disparu de notre vocabulaire au XVIIème siècle. Merci l’Académie française.

> Un jeu de carte pour enfant qui parle des femmes qui font les sciences ! Un projet Québécois, malheureusement en anglais seulement, pour le moment. les cartes sont aussi téléchargeables gratuitement en format .pdf, à découper soi même.

> Radio « féministe, meufs, gouines, trans » Ile de France. Avec une émission sur la science-fiction !

> Collective féministe de l’université Paris 8 – avec notamment des réflexions sur la langue (est-ce bien si juste que le grammaticalement, masculin l’emporte sur le féminin ?)

> Attention les yeux. Un blog sur la néomasculinité ! (pour les hommes masculins et hétéro, les vrais). Mieux vaut savoir que ça existe.

 

Love is in the air…

Vous en avez surement entendu parler déjà tant cette affaire a fait le tour du web en mots et en images. A mon tour, je marque le coup. J’ai en effet envie d’y ajouter un peu de nuance et de romantisme.

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Il parait qu’on peut acheter ce coussin.

D’abord un petit résumé. Tim Hunt, 72 ans, prix Nobel de Physiologie, a dû démissionner de ses fonctions de professeur émérite à l’University College London, après avoir déclaré publiquement qu’hommes et femmes devraient travailler séparément dans les laboratoires de recherche. Pourquoi ? Parce que les femmes pleurent, et tombent amoureuses. (plus de détails ici).

Ensuite, revoici la citation qui fait tache… et fera surement date : Lire la suite

Quelques pas vers la parité

De pourcentages en histogrammes, quelques clics de souris nous donnent à voir la situation des femmes aux postes d’enseignants chercheurs dans les universités Françaises. C’est la CP CNU (Commission permanente du Conseil national des universités) qui nous propose ces chiffres dans son rapport annuel. Bonne nouvelle, ça progresse. De 1992 à 2012, on a en effet pris dix points ! Autrement dit, c’est la croissance ! Hourra ! Fini la crise ! (oups, les chroniques boursières du matin à la radio ont dû m’affecter un poil)

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Evolution de la proportion de femmes aux postes d’enseignants chercheurs dans les universités françaises de 1992 à 2012 (CP-CNU)

Il y a donc (roulement de tambour) 36 % de femmes chez les enseignants-chercheurs. Néanmoins ce chiffre mérite d’être nuancé en suivant le parcours de la progression de carrière dans le domaine. Si dans le privé on parle en « junior » et « senior » et en Kilo euro de salaire, chez les chercheurs en France on parle de grade. Lire la suite

Y a pas que les sciences dans la vie : trouvailles #6

Voici un livre que je ne lirai probablement pas parce que j’ai un article/une thèse/36 bouquins à finir (gniii), mais bon, je suis contente d’avoir croisé son chemin : « De la Masculinité, enjeux sociaux de l’hégémonie » :  les hommes au pluriel, par la sociologue  australienne Raewyn Connell.

« Elle est sollicitée, elle dit non pour des raisons éthiques : elle refuse de participer à la mise au point de la bombe [atomique]. »  Une mini-biographie de Lise Meitner, co-découvreuse de la fission nucléaire et femme de conscience.

Un rapport alarmant sur la situation des filles et femmes syriennes depuis le début du conflit.

Une méta-analyse montre que les goûts des femmes hétérosexuelles pour certains types d’hommes ne dépendent pas du cycle menstruel. Ah bon, nous ne serions donc pas entièrement gouvernées par nos variations hormonales?

Résister à l’emprisonnement des stéréotypes hommes-femmes : retour sur une belle interview donnée par Susan Sontag au magazine Rolling Stone en 1978 !

Renforcez votre « Self esteam » avec les Rock’n’roll camp for girls ! Y a pas d’âge pour s’emparer des guitares (pour dire ce qu’on a à dire)

Une campagne à l’américaine pour que « comme une fille » ne soit plus une insulte (avertissement :  c’est une pub pour les serviettes hygiéniques !! Perso je vous recommande la Mooncup pour préserver votre image et la planète en même temps)

De belles illustrations qui nous incitent à décider de qui nous sommes en tant que femmes… coiffure afro, rondeurs, amours des hommes, amour des femmes, plaisir des livres, des jeans trop grands ou des talons aiguilles… joie de la diversité !

« Du caractère polymorphe et mutlicolore du relou en milieu urbain » : un bon coup de gueule qui dénonce les amalgames racistes dans les discours sur le harcèlement de rue, par Clemmie. A lire.

Un court podcast (en anglais + retranscription) sur les nombreuses femmes à l’origine des premiers ordinateurs et programmes : Ada Lovelace et sa clique! Car l’informatique n’a pas toujours été un domaine réservé des geeks mâles.

 

Verizon, honnête ou intox? Quand la pub se féministise…

Je suis toujours très partagée par la nouvelle tendance au « feminist-washing » : l’utilisation de thèmes ou revendications féministes pour vendre des produits. Dove joue là-dessus depuis un moment (Dove** va vous révéler que vous étiez belle sans le savoir, petite dinde, mais seulement si vous achetez Dove – et aussi : le gras c’est beau, mais la cellulite n’existe pas), Pantène s’y est mis récemment avec son spot sur le double standard* (que vous combattrez avec des cheveux de soie). Particulièrement quand c’est l’industrie des cosmétique qui fait tout son beurre sur l’insécurité des femmes et les standards de beauté impossibles à atteindre (lecture obligatoire pour cet été : Naomi Wolf The Beauty Myth), je trouve que c’est vraiment du foutage de gueule. Autrement, Always vient d’en sortir un sur lequel mon coeur balance (le spot est bien, les serviettes hygiéniques ne sont pas vraiment un produit de beauté, mais Always c’est Procter and Gamble, qui font des tonnes de spots sexistes, notamment pour Axe). D’un autre côté, la puissance de frappe de ces grosses boîtes et l’influence de la pub sont telles que je me dis que ça peut peut-être contribuer à faire changer les esprits…

Illustration Marie Lebrun pour Regards féminins sur la science

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Y’a pas que la science dans la vie : trouvailles # 5


Une tripotée de femmes qui ont marqué les sciences modernes sur le site l’Histoire par les femmes.

Et pour aller plus loin, le Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas devenir princesses.

Sur le site Makers, des tas de portraits filmés de femmes : artistes, scientifiques, pionnières, PDG…

Barbie vs. He-Man sur le blog BD Commando Culotte. Rigolo et instructif, sur les inégalités de représentativité dans les médias (entre autres).
Dans « La guerre invisible », deux journalistes ouvrent les placards (ornés d’affiches porno) de l’armée française. A lire aussi, un article sur la réaction du ministère de la défense.

Comment les blogueuses féministes servent-elles la cause des femmes? (Sur l’Express Styles).

L’éloge du mauvais coup. Un pied de nez au culte de la perfection (sur tous les plans et dans toutes les positions), à lire dans le Causette du mois d’Avril (résumé en ligne).
Les hommes n’ont pas toujours été considérés comme plus demandeurs de sexe que les femmes. Un bon exemple de la versatilité des stéréotypes au cours de l’histoire.
Un essai formidable de l’icône féministe américaine Gloria Steinem : Si les hommes avaient leurs règles (en english).
xkcd.com
L’irréelle misandrie (haine des hommes). Oui, les mecs se font aussi siffler dans la rue des fois. Non, on est pas ex-æquo pour autant…
Un blog photographique qui nous invite tous à reprendre pied avec nos corps, loin des images glacées et des juges agaçants:  « Mon corps m’appartient » 

Y’a pas que la science dans la vie : trouvailles #4

Un article intéressant sur féminisme et maternité sur Tout à l’Ego, le blog de Sophie Gourion.

Ci-dessous, le premier prix du concours EgalitéE 2014 organisé par la ministère des droits des femmes. Les autres lauréates ici.
Marina et Valentine, Paris.

Un tout jeune tumblr qui met la patate, à consulter en parallèle des témoignages de harcèlement dans l’espace public (par exemple ici, ici, et ) : fight back!

Sur le même thème, lisez aussi le Petit manuel d’autodéfense à l’usage de toutes les femmes qui en ont marre de se faire emmerder sans rien dire, aux éditions Zones, accès libre en ligne.

Et enfin, une suggestion bien tentante pour rétablir la place des femmes dans l’espace public : casser la gueule aux aggresseurs, voire aux gros emmerdeurs.

A vos filles, nièces, filleules et autres petites filles de vos vies, offrez le Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses.

Après l’Homme au pistolet d’or, voici venue… la femme au pistolet rose ! Hourra, les marchands d’armes se mettent au design Girly. Et du char d’assaut Barbie au bazooka Petit Poney, il y a encore plein de possibilités !

Allez faire un tout sur Les 400 culs, le blog d’Agnes Giard, ou sexe et féminisme font bon ménage. Toujours très intéressant et bien documenté.

Attention! La fac de droit de McGill (Canada) est remplie de féministes!!

Et sinon, je fais de la politique. Un tumblr édifiant, alimenté par les témoignages de sexisme de femmes engagées.

#itooamharvard : les étudiant-e-s noir-e-s de Harvard témoignent du racisme au sein de la prestigieuse université.

Quinze portraits de femmes de science par divers artistes, sur le site du Scientific American.

Comment obtenir une augmentation en 47 secondes. Et c’est une vidéo norvégienne…

Un peu d’inspiration

The physicist Sally Ride, Credit: © Andrea Del Rio. Source

Pour une fois je vais commencer par l’image. Elle a pas la classe cette Sally Ride? Physicienne, astronaute, éducatrice, première femme Américaine dans l’espace. Mais aussi confiante, souriante, et féminine. Alors c’est vrai, on aurait le droit d’être comme ça? Je veux dire scientifique ET femme? Mais sans être triste et à l’article de la mort comme Marie Curie? (no offense Marie Cu, mais bon, mourir pour la science c’est pas mon intention). Voire même être scientifique, femme ET heureuse? (oh là j’en demande beaucoup là). Je ne sais pas pour vous, mais moi, ça me fait chaud au coeur de voir cette image, et je réalise encore plus combien l’on manque de modèles féminins dans nos métiers. Oui on en a beaucoup parlé dans ce blog, de ce manque de modèles auxquels on pourrait s’identifier, du manque de relai des médias, de la sous représentation des scientifiquEs dans l’espace public médiatique. Tout cela pèse réellement sur notre façon de nous projeter, sur nos ambitions, nos espoirs. Mais si un travail de fond est nécessaire, je crois aussi que certains coups de pouce sont singulièrement efficaces. Cette simple image par exemple, ou le fait de dire autour de nous et à nos étudiants combien la science c’est cool (le site I fucking love science m’a aidé plus d’une fois à ne pas abandonner ma thèse, en plus c’est une fille qui en est l’auteure), et puis tenir le coup, accessoirement. Car si Sally Ride peut le faire, pourquoi pas nous? Pour plus d’images de femmes scientifiques qui ont la classe et vous reboostent, je vous invite donc à lire cet article du Scientific American sur l’expo qui se tient bientôt à Austin. Après tout, on a tous besoin de sources d’inspiration (mais sans barbe de préférence).

Girl power!

P.

Pétition Genre et biologie : contre l’usurpation du discours scientifique

Nous relayons une pétition proposée par un collectif de chercheurs en biologie et philosophie de la biologie, que l’on peut signer ici. Science et politique ont toujours partie liée à des degrés divers. C’est vrai pour la biologie comme pour d’autres disciplines. Comment expliquer sinon que les énoncés scientifiques puissent eux-mêmes reconduire des stéréotypes ?
Il n’empêche, comme P. en parlait dans son billet sur le « Darwi-sexisme » nous considérons qu’il est inadmissible de prendre des prétextes biologiques pour justifier de discriminations entre hommes et femmes…
et notamment dans le milieu académique. Porter des enfants dans nos ventres ne nous empêche pas de produire des concepts avec nos têtes ! 
Y.
Athéna, chouette sponsor pour la sagesse !
Le texte de la pétition reproduit ci-dessous.
« Suite aux débats concernant l’introduction des notions d’identité, de rôles et de stéréotypes sexuels dans les programmes de lycée puis de l’ABCD de l’égalité à l’école, le mot genre est peu à peu banni des ouvrages pédagogiques comme des discours ou des rapports politiques. En balayant ainsi d’un revers de main un champ d’étude riche de plusieurs décennies de travaux, le gouvernement choisit visiblement de satisfaire les revendications arbitraires d’un groupe de manifestants. Nous, enseignants et chercheurs en biologie et philosophie de la biologie condamnons ce marchandage du savoir avec des groupes de pression au mépris des connaissances scientifiques actuelles. 
Les opposants au concept de genre avancent très souvent des arguments à prétention biologique pour appuyer leur propos. Ils construisent leur discours sur une supposée différence essentielle entre hommes et femmes, qui viendrait fonder un « ordre naturel ». Ils appuient leurs idées sur des faits réels ou imaginaires, le plus souvent abusivement décontextualisés, extrapolés ou généralisés. En plus d’être naïve, une telle interprétation de la biologie est malhonnête et démagogique. Les connaissances scientifiques en biologie ne nous permettent en aucun cas de dégager un quelconque « ordre naturel  » en ce qui concerne les comportements hommes-femmes ou les orientations et les identités sexuelles. 
Ces organisations caricaturent les études de genre, dénonçant une hypothétique conspiration qui viserait, entre autres, à nier toute différence entre les individus ou à détruire la famille. Pourtant, le fait d’analyser les constructions sociales qui entourent la différence entre les sexes n’implique en aucun cas de nier la réalité biologique du sexe. De même, s’il y a effectivement des différences biologiques entre les hommes et les femmes, les sociétés humaines ne se réduisent pas à la biologie de l’espèce. Les sociétés humaines sont le résultat complexe de facteurs biologiques, psychologiques, sociaux ; c’est ce qui explique, d’ailleurs, que les études portant sur l’identité et l’orientation sexuelle ou sur les inégalités sociales entre les sexes relèvent de champs académiques diversifiés tels que la sociologie, l’anthropologie ou la philosophie, mais aussi les sciences biologiques. Aucune discipline ne saurait donc revendiquer la prétention de totaliser les études sur un objet aussi vaste et complexe.
Enfin, les opposants au concept de genre tentent insidieusement de déplacer le débat du champ de la politique à celui de la biologie, de manière à imposer un système de représentations. Cependant, ce système n’a rien de naturel ou d’universel, et en le proposant ses promoteurs usurpent les habits du sérieux scientifique. La science ne doit en aucun cas servir à conforter des préjugés et le devoir des scientifiques est de lutter contre la désinformation et contre les fausses utilisations du discours scientifique. Nous rappelons qu’aucune observation de la nature ne saurait avoir de prétention normative pour la société. Quelles que soient les conclusions scientifiques relatives aux origines des différences entre les hommes et les femmes, celles-ci ne doivent pas servir à légitimer l’inégalité entre les sexes dans nos sociétés et les inégalités ne doivent pas non plus être présentées comme des faits de la nature. La notion même d’identité sexuelle est structurellement humaine, et ne saurait donc être appréhendée par une approche seulement biologique. Il est donc inadmissible et vain d’instrumentaliser la biologie dans un débat concernant l’égalité sociale entre les individus, quels que soient leur sexe, leur identité ou leur orientation sexuelle. L’apprentissage de l’égalité ne peut se faire que par l’éducation et ce qui se passe dans la nature ne nous renseigne en aucun cas sur les décisions politiques que nous devons prendre.
En tant que scientifiques et citoyens, nous dénonçons fermement l’usurpation du discours scientifique pour imposer abusivement une idéologie inégalitaire. « 
Pour qui souhaite signer cette pétition, c’est par là.