Aiiiiieeeessss confiaaaaaaance…

 » Par Osiris et pas Apis…regarde moi..regarde moi bien…tu est maintenant une « fille pleine de talent » !  » Dites-voir les gonzesses, est-ce qu’il faut qu’on se fasse hypnotiser pour arrêter de se sentir nulles tous les matins au réveil  ?

 

Figurez vous que ce matin (merci M. pour ton post sur la confiance) je me sens comme hypnotisée.

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Dis Papa, quand est-ce qu’on mange ?


Les tensions autour de la réforme de la famille n’en finissent pas de faire des petits. Agacé par l’inculture scientifique (réelle ou feinte) des ecclésiastes et des responsables politiques, l’écologue Franck Cézilly a publié un livre sur les soins paternels chez les animaux. En faisant cela, il avait un peu envie, nous raconte-t-il (invité sur France Inter dans l’émission La Tête au carré) de démonter les stéréotypes concernant la répartition des rôles entre papa et maman chez les humains, qu’on appuie trop souvent sur un supposé ordre naturel (Voir à ce propos nos précédents posts Darwi-sexime, et Polémique sur le genre, quel rôle pour les biologistes ? ).


Frank Cézilly 2014 De mâle en père (à la recherche de l’instinct paternel) Buchet-Chastel


Alors voilà. Oui, en effet, les soins paternels, ça existe. A une époque on appelait ça les soins maternels exprimés par les mâles. C’est-à-dire que ça avait quelque chose qui semblait aberrant. Car oui, les chercheurs en sciences naturelles projettent eux-aussi leurs conceptions des rapports sociaux entre hommes et femmes sur leurs observations des animaux. Ainsi l’histoire de l’étude du comportement animal offre une moisson abondante de travaux sur les mâles. Mais ce sont les parades nuptiales et les caractères sexuels secondaires (poils, cornes, couil**) qui ont surtout, pendant longtemps, défrayé les gazettes. Les temps ont changé. Les papas chercheurs vont aussi chercher leurs enfants à la crèche. Et depuis une dizaine d’année, les comportements paternels sont aussi au menu des revues scientifiques.

Dans le livre De mâle en père, on apprend que chez certaines espèces d’araignées et de mille-pattes, les mâles protègent les pontes. Chez certains cichlidés (des poissons qui vivent dans les grands lacs d’Afrique de l’Est, et dans de nombreux aquariums), les mâles incubent les œufs dans leur bouche. Chez les hippocampes (stars des papas investis), ce sont les mâles qui assurent la gestation à l’aide d’un marsupium (une poche ventrale) dans laquelle la femelle transfère les œufs au moment de la ponte. Les amphibiens offrent aussi un bel exemple, avec le crapaud accoucheur qui porte une guirlande d’œufs sur ses pattes arrières et la transporte de mare en mare pour les sauver du dessèchement.


A lire : le numéro 53 de La hulotte sur le crapaud accoucheur

La comparaison entre les oiseaux et les mammifères est également intéressante. Chez les premiers  95% des espèces sont monogames. Chez les seconds, 5% seulement. (Précisons qu’on parle ici de monogamie sociale, c’est à dire d’organisation sociale pour l’élevage des jeunes ; quant à savoir qui mélange ses gamètes avec qui, il y a parfois avouons le quelques petits dérapages.) Les soins paternels suivent le mouvement. Ils sont beaucoup plus développés chez les oiseaux, où les mâles de nombreuses espèces couvent les œufs, nourrissent les petits, et les protègent des diverses agressions de l’environnement : les prédateurs, le froid, et parfois le soleil (d’où l’expression « papa-parasol » s’appliquant aux autruches, qui déploient vaillamment une aile pour protéger leur progéniture. Rien à voir, notons-le, avec les « papa-razzi » qui ne changent jamais les couches de leurs petits mais adorent les prendre en photos quand ils font des conneries).

Le Marsupilami, lui aussi, surveille le nid

La faible importance des soins paternels chez les mammifères s’expliquerait notamment par …la viviparité. L’utérus. Le placenta. La gestation interne, quoi. Bah oui, parce que, une fois qu’elle est là bien au chaud la petite graine, monsieur est à peu près sûr que ses gènes seront menés à terme et peut donc aller s’investir ailleurs.  (Hop hop attention aux raccourcis. On se place dans le cadre de la sélection naturelle. On considère  ainsi qu’un comportement est sélectionné au sein d’une espèce, s’il assure une plus grande chance de transmission des gènes des individus qui l’expriment, à la génération suivante)


Et maintenant je vous vois venir avec vos gros sabots. Nous autres, humains, on est des mammifères, non ? Alors ? WTF ? Pourquoi les hommes veilleraient-ils sur leur progéniture ? (i.e. » Une fois que je me suis reproduit, Je peux retourner jouer au flipper vintage et retrouver le goût du skateboard avec mes potes non ? » Bah disons que ce mécanisme évolutif n’explique pas tout du comportement parental des mammifères. Ensuite, la diversité des comportements entre espèces est telle, comme le rappelle également Franck Cézilly, qu’avec ce genre d’arguments on peut démontrer à peu près tout ce qu’on veut. En plus, on a une fâcheuse tendance à retourner notre veste quand ça nous arrange…c’est un peu facile de dire un jour, qu’on est des bêtes comme les autres et puis, le lendemain, quand ça nous arrange moins, que non décidément on n’a rien avoir avec les autres animaux, ces êtres primitifs qui ne nous arrivent pas à la cheville.
Tiens ! J’entends une petite voix au loin : « Papa, papa ! Quand-est-ce qu’on mange ? » 

Y.




Les mecs qui nous plaisent…et ceux qui nous emmerdent

J’ai une amie en école d’archi. On se raconte nos histoires de cœur, et dans l’océan de la diversité des attirances, il nous arrive de parler de mecs. Il y a ceux qui nous plaisent, et à qui on n’ose pas le dire, peut être parce qu’on a pas appris à faire le premier pas…et que maintenant on se sent comme handicapées. Alors on partage, on se donne du courage pour leur dire ce qu’on pense à ces mecs malins, charmants, humains, avec qui on pourrait s’imaginer faire un bout de chemin.
Et puis  il y a aussi ceux qui nous emmerdent, profond, qui nous cassent les…Oups. Ne soyons pas vulgaire, très chère. D’où sortez vous ce caractère ? Mon oeil. Vulgaire, si je veux. Donc il y a cet emmerdeur, là, qui coupe systématiquement la parole aux filles quand elles proposent des idées. Celui qui a collé une photo de pin-up dans la salle commune. Ceux qui racontent des blagues porno de base dans la plus pure tradition des femmes objets au déjeuner. Et puis cette habitude qui consiste à jouer à humilier les filles qu’ils trouvent jolies. Ou encore dans leur dos les professeures, parce que là bon, on ne peut pas le faire en face. Tout ça, c’est pour rire bien sûr et ils s’amusent bien d’ailleurs ! Pendant ce temps là, nous on partage et on tâche d’en rire et de s’en moquer, et ça nous aide à trouver le courage pour leur dire, à eux aussi…ce qu’on en pense.

Y.

Ecrire … drôle de cuisine


Comment vais-je faire pour écrire ma thèse (un texte qui fera surement au moins 300 pages) ? Voici le chemin que je compte emprunter. Cela demande d’abord d’imaginer qu’on se trouve plongés dans le monde comme dans une pâte feuilletée un peu sucrée. Vous y êtes ? Bien. Ainsi donc il est nécessaire d’abord de se détendre. Puis de s’étendre, de se répandre. Ensuite à travers ce champ étalé, entre les grains aller au but, tailler sa route dans la matière des mots. Tracer des formes à l’emporte pièce. S’y consacrer, s’y construire patiemment. Puis cela se décante. Laisser poser, gonfler, prendre tournure.
Patti Smith, poète et femme puissante
Écrire est un art culinaire. Concocter cuire, confectionner. Dresser une liste, un sommaire, comme on dresse la table et le menu. Se nourrir des écrits des autres, puis les digérer. C’est aussi un art potier car en lisant le monde on se forme.On se donne une forme. Cela tient également de la menuiserie : un texte s’articule entre blocs et chevilles. Citons enfin la couture : liaisons, broderie, argumentaire cousu. Page blanche comme un drap. C’est un voyage sinueux dans le labyrinthe des mots, où le fil conducteur permet la survie. L’escalade d’une paroi escarpée. Un écrit est une trace laissée dans l’espace de la pensée, c’est toujours le résultat d’un itinéraire particulier.
Gravure anatomique : entre texte vivant et corps représenté (Gautier, 1754)
Jusqu’au cœur des sciences les plus dures, écrire un texte est toujours une action personnelle. Alors, comme j’en parlais déjà il y a quelques temps pourvu que cela se sente ! Que le texte se mue en un ensemble vivant, d’organes reliés par une structure rythmique d’espaces et de liens. Entre condensations et développements, c’est bien le corps du texte, qui respire, qui danse. C’est donner vie à un édifice de chair lexicale, irriguée, structurée par le rythme, le son et le sens. Je change chaque jour de stylo mais la couleur persiste, le rouge, toujours, la couleur du jour naissant, car il s’agit de comprendre, d’éclairer ce qu’il y a entre soi et le monde autour. La lumière qui se fait par les mots qui sortent d’une bouche. J’assume de transmettre la vie. J’aime donc en moi celle qui écrit (j’aurais pu dire celui), posément et passionnément, d’émotion contenue mais sans s’étouffer, sûre de sa cible. L’écriture vivante…
Y.


Le poumon et le coeur, 1754, par  J.Gautier. Planche XIV de l’Anatomie des Viscères
Exposition « Anatomie de la Couleur », Bibliothèque Nationale, 1996

21 février 2014. Parité dans l’enseignement supérieur et la recherche

Une annonce parisienne.

 « L’association Les Cartésiens de Paris Descartes, en partenariat avec les association Didocs de Paris Diderot, BDP3 et Relisons de Sorbonne Nouvelle organisent le 21 février prochain :

La journée de sensibilisation à la parité Femmes/Hommes
dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche

Cette journée est dédiée en particulier aux jeunes chercheur-s-es et a pour but d’informer et de réfléchir à la parité femmes/hommes dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche, mais également de présenter des exemples de bonnes pratiques déjà développées dans certaines institutions. »

Inscription sur le site des Cartésiens : http://lescartesiens-asso.fr/parite-femmeshommes/

« La vaisselle ! »

C’est la base de la base dans toute salle café dotée d’un évier… Il faut faire la …VAISSELLE ! Mais pourquoi, pourquoooooi sont si nombreux à l’oublier ? Parce qu’on ne leur a pas assez répété ? Parce qu’il y a toujours quelqu’un pour le faire quand l’évier est plein – le plus souvent une femme ? et puis parce que sinon de toute façon, la femme qui fait le ménage au labo lavera les tasses quand elle viendra le vendredi ? Mais non pas question ! J’ai envie de passer avec un mégaphone dans les couloirs de mon labo. Mais alors je passerais pour la maman de service et j’ai horreur de ça. Ou alors de laisser tomber cette histoire mais de toute façon c’est une femme qui le fera et ça m’énerve, aussi !…Bon. Je vais aller m’acheter un mégaphone.

Contre le harcèlement : le CLASCHES sort les griffes

Un des tous premiers articles de ce blog abordait la question : le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur et la recherche est une réalité trop souvent balayée sous le tapis comme un petit tas de poussière. Or il faut croire qu’à force de tout cacher en-dessous, le tapis finit par faire des bosses. Bosses encombrantes dans les braguettes de l’abus de pouvoir. Dérapages et ravages quand les fesses et les seins ne sont vus que comme des objets, comme des dessins… « Elle n’avait qu’à s’habiller autrement » qu’ils disent. Ce à quoi nous répondrons comme au jardin d’enfant  »  Mon corps c’est mon corps ce n’est pas le tien… »

Fifi brindacier, toutes griffes dehors

Le CLASCHES est une association française, qui regroupe des « étudiant·e·s mobilisé·e·s contre le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur ». L’objectif de ce collectif est de sortir de dessous le tapis cette réalité, et de donner des outils aux femmes qui s’y retrouvent confrontées pour se défendre.Un guide (disponible ici) s’appuie sur les nombreux témoignages reçus par l’association depuis sa création il y a onze ans, pour dresser un panorama de cette  situation et donner quelques clés d’auto-défense.  Utile synthèse.

Y.

CLASCHES : Collectif de Lutte anti-sexisme et contre le harcèlement dans l’enseignement supérieur.

Le syndrome GODZILLA


  

Vous entrez dans un laboratoire, pleines de courage et de détermination. Attention les filles ! Quatre méchants syndromes vous guettent. Comme les fantômes dans Pac Man, les extraterrestres dans BodySnatchers…ils en veulent à votre enveloppe corporelle, ils vous tendent des pièges à chaque réunion…Saurez-vous les éviter et gagner des points de carrière ? 

L’imposture …le plus répandu, le plus dangereux : penser à tout bout de champ que quelqu’un d’autre ferait mieux les choses que vous, qu’il s’agisse d’écrire un papier, de faire une thèse, de présenter son projet CNRS, de devenir Professeur des Universités…

Mais vous pourrez aussi rencontrer ces autres personnages au coin d’un couloir ! prenez garde !


Donne la pa-patte ne fait les choses que quand on lui demande, surtout pour ce qui est de… prendre la parole en public  !

 

Princesse Sarah se dévoue en souriant pour les corvées collectives. Organiser les pots, ranger après les pots, sortir les poubelles carton/papier, nettoyer le frigo de la salle café…

 
Et enfin le syndrome Godzilla ! Cette charmante jeune femme a très très peur de faire fuir les partenaires sexuels potentiels – en particulier les hommes – parce qu’elle est intello et ambitieuse. Mais comme dirait une camarade  quelqu’un qui te fuit parce que tu es intelligente, mieux vaut le fuir aussi à ton tour, alors…

Big up aux femmes fatales et aux têtes bien faites comme dirait l’autre, on va pas se cacher sous la table en plus…


Expertes, au rapport !

C’est en feuilletant un magazine féminin pendant les vacances de Noël (ça m’arrive quelque fois…) que j’ai découvert l’existence du Guide des expertes. Un Who’s who’s des femmes savantes, un vivier dans lequel puiser des peronnalités pour alimenter les conférences publiques, plateaux télés, émissions de radio…et conseils scientifiques en tous genres.

L’agence qui a créé le guide, dirigée par une ancienne journaliste de ELLE, a une prédilection « pour tout ce qui touche la vie des femmes ». On pourrait s’inquiéter, car la presse féminine dans son ensemble, à quelques exceptions près (Causette !!), n’est pas connue pour ses vertus émancipatrices. Mais on ne peut que saluer la création de cet ouvrage qui existe depuis 2011 et qui vise a pallier au manque cruel de femmes dans les panels d’experts sollicités, notamment, par les médias.

Un fauteuil en forme de haut talon pour inviter des femmes aux émissions ?

En effet selon le rapport de la commission sur l’image des femmes dans les médias publié en 2011, plus de 80% des experts invités par les radios, télés, journaux… sont des hommes. Cette relative absence des femmes reflète le manque de parité dans les médias en général : en 2011, selon le baromètre de la diversité à la télévision, commandé par le CSA : « la sous représentation des femmes perdure avec 36 % de femmes, et ceci dans tous les genres de programme ». Mais cela va plus loin puisque quand on en arrive aux expert-e-s on tombe à …19% .

Une belle barbe (Swedish National Heritage)

Au delà du manque de femmes dans certaines disciplines relevant de questions stratégiques – disciplines elles-mêmes dominées par la gent masculine ? – il y a aussi la question de leur manque de disponibilité du fait du travail domestique qu’elles assument… qui s’ajoute au manque de mise en avant des femmes par les institutions où elles travaillent, et surtout, last but not least, au fait que les médias ne prennent pas encore assez l’initiative !

l’émission C dans l’air, qui a longtemps été connue pour n’inviter que des hommes sur ses plateaux, a ainsi régulièrement été la cible du collectif  LA BARBE, un groupe d’action féministe qui dénonce l’hégémonie masculine dans les cercles de pouvoir en général, et notamment dans les cercles d’experts. Pour sévir, ce collectif a remis au gout du jour le look « femme à barbe » en vogue dans les freak show du début du siècle dernier, et nous régale d’apparitions dans les assemblées et conseils exécutifs en tout genre, dénonçant ainsi le fait que pour en ETRE, il faut en AVOIR (des poils).

En conclusion, plutôt que de prendre des hormones, montons au créneau … prenons la parole !

ps :  un article sympathique dans le supplément hebdomadaire du Monde, qui a le bon goût, contrairement à celui du Figaro, de ne pas s’appeler Madame..

Y.