La nature devant la science : une femme soumise ?

Hier en faisant un peu de biblio je suis tombée sur une phrase frappante, à propos des représentations de la nature vue par la science. La science est désir d’objectivité … mais elle est aussi prise dans des jeux de mise en scène, comme le rappelle le sociologue des sciences Dominique Pestre dans son livre A contre science Il fait ainsi référence à une vieille statue datant de la fin du XIXème : « Pensez à la statue La Nature se dévoilant devant la Science, nature représentée par une femme aussi belle que soumise » (Pestre, 2013, p.7). Je ne connaissais pas cette statue alors j’ai cherché. La voici se dénudant devant vos yeux ébahis. L’image même de la modestie, avec quelque chose d’excitant dans ce dévoilement tête penchée sous le drapé de pierre.

La nature se dévoilant devant la science. Ernest Barrias. Photo : Daniel Smullen, 2009, flickR (cc)

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Adieu petit poney

Est-ce que vous aussi vous avez tendance à amenuiser ce que vous dites, en ajoutant l’adjectif « petit » à toutes les sauces dès que vous écrivez quelque chose ? Moi je fais ça tout le temps, petit  « un peu » ou encore « quelque »,  « c’est un peu comme », « à peu près », etc.

Illustration : Marie Lebrun pour Regards féminins sur la science

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Aiiiiieeeessss confiaaaaaaance…

 » Par Osiris et pas Apis…regarde moi..regarde moi bien…tu est maintenant une « fille pleine de talent » !  » Dites-voir les gonzesses, est-ce qu’il faut qu’on se fasse hypnotiser pour arrêter de se sentir nulles tous les matins au réveil  ?

 

Figurez vous que ce matin (merci M. pour ton post sur la confiance) je me sens comme hypnotisée.

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The confidence gap : c’est du lard ou du cochon?

Oyez oyez braves bécasses gens! Le mystère des inégalités salariales (et autres) est enfin percé! Et la solution était là, toute simple, à portée de main. Et bien oui, mesdames et mesdames, ne cherchez plus, vous souffrez de discriminations au sein d’une société patriarcale manquez tout simplement de confiance en vous!! Allez allez, on se met un coup de pied aux fesses, on arrête de se cacher derrière le fauteuil en se demandant si notre jupe fait pute ou prude, et on fonce vers le succès en écrabouillant toutes les autres!!
Bon, trêves de sarcasmes, le sujet est sérieux, il s’agit d’un livre, intitulé The Confidence Code. Les auteures, Claire Shipman et Katty Kay, ont découvert au travers d’interviews avec les femmes les plus influentes du monde (sic), que même dans les hautes sphères du pouvoir, ces dames souffrent du syndrôme de l’imposteur et d’un cruel manque de confiance en elles. Shipman et Kay présentent leur découverte et l’ouvrage qui en a découlé dans un essai publié sur The Atlantic, intitulé The Confidence Gap, qui a beaucoup fait parler dans les salons (y compris ceux du Ministère des Droits des Femmes, on y viendra).

www.savagechickens.com

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Y’a pas que la science dans la vie : trouvailles # 5


Une tripotée de femmes qui ont marqué les sciences modernes sur le site l’Histoire par les femmes.

Et pour aller plus loin, le Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas devenir princesses.

Sur le site Makers, des tas de portraits filmés de femmes : artistes, scientifiques, pionnières, PDG…

Barbie vs. He-Man sur le blog BD Commando Culotte. Rigolo et instructif, sur les inégalités de représentativité dans les médias (entre autres).
Dans « La guerre invisible », deux journalistes ouvrent les placards (ornés d’affiches porno) de l’armée française. A lire aussi, un article sur la réaction du ministère de la défense.

Comment les blogueuses féministes servent-elles la cause des femmes? (Sur l’Express Styles).

L’éloge du mauvais coup. Un pied de nez au culte de la perfection (sur tous les plans et dans toutes les positions), à lire dans le Causette du mois d’Avril (résumé en ligne).
Les hommes n’ont pas toujours été considérés comme plus demandeurs de sexe que les femmes. Un bon exemple de la versatilité des stéréotypes au cours de l’histoire.
Un essai formidable de l’icône féministe américaine Gloria Steinem : Si les hommes avaient leurs règles (en english).
xkcd.com
L’irréelle misandrie (haine des hommes). Oui, les mecs se font aussi siffler dans la rue des fois. Non, on est pas ex-æquo pour autant…
Un blog photographique qui nous invite tous à reprendre pied avec nos corps, loin des images glacées et des juges agaçants:  « Mon corps m’appartient » 

Post invité : La Diabolisation des Larmes, par Mar

Y’at-il une base à la diabolisation des larmes?
(Traduit de l’anglais par S.P. Voir plus bas pour le texte original.)

Je suis définitivement une « pleureuse ». Je pense que j’ai du regarder « La ligne verte » plus de 10 fois, et pourtant à chaque fois que je vois John Coffey marcher vers la chaise électrique je me mets à gémir et sangloter comme un bébé affamé. C’est apparemment un trait des personnalités « hautement sensibles ». Même quand je sais qu’il s’agit de fiction, et que je sais à l’avance exactement ce qui va se passer, j’éprouve de la véritable empathie au point de souffrir réellement.
Je suis aussi une femme poursuivant une thèse en Neuroscience, ce qui, je suppose, fait de moi une scientifique. Et je suis prête à parier que la plupart (sinon toutes) les femmes scientifiques ont fait l’expérience au moins une fois dans leur carrière d’avoir les larmes qui montent aux yeux et la voix qui flanche en discutant d’un problème avec un-e encadrant-e, un-e chef-fe ou un-e collègue. Après que cela me soit arrivé plusieurs fois, aggravé par le fait qu’on m’a récemment diagnostiqué une dépression clinique, quelqu’un m’a dit que pleurer était agressif. Bien sûr je ne pense pas que ça soit le cas, mais cela m’a motivé, en tant que femme scientifique, à essayer de répondre a cette question : pleurer est-il inapproprié? Et si c’est considéré comme tel, est-ce pour une bonne raison, ou est-ce seulement une construction sociale arbitraire?

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